dimanche 28 juin 2015

Nos étoiles contraires, John Green : la faible lueur d'une étoile mourante


Hazel, 16 ans, est atteinte d'un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l'évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C'est là qu'elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d'Hazel, qui a peur de s'impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d'amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

★ ☆ ★

Si vous traînez de temps en temps par ici, vous savez certainement que je suis une rebelle de la vie. (Ou une fille qui procrastine allègrement, au choix.) Alors, quand un roman fait un méga tapage de la mort, ça m'intrigue mais ça me fait aussi flipper, et en général, j'attends que l'euphorie se calme gentiment pour m'y intéresser à mon tour, à tête reposée. En ce qui concerne Nos étoiles contraires, ZE roman young adult qui a fait chialer la planète entière l'année dernière avec la sortie du film éponyme, je n'ai pas dérogé à la règle, et j'arrive donc une fois la bataille terminée et tous les personnages crevés. Nan j'déconne, vous en faites pas. Alors, voilà. C'était le moment de vérité. Et ben, comme d'habitude quand on fait tout un foin d'un roman, j'en suis sortie déçue. Avec comme l'impression d'être passée à côté.

Bon, OK, j'avoue qu'en fait je me suis pris le spoil de l'année en feuilletant bêtement le bouquin il y a quelques mois alors que j'hésitais à le lire. Je voulais juste regarder le nombre de pages, en toute innocence (si, si, je vous le jure), lorsque — PAF ! — je suis tombée COMME PAR HASARD sur le début du chapitre 21. Juste LE chapitre sur lequel il ne faut pas tomber. (Ceux qui l'ont lu sauront pourquoi, et si par malheur vous ne l'avez pas lu, ne faites pas ça chez vous les enfants.) En gros, ça m'a un peu tout ruiné, mais bon, je me doutais bien que ça finirait pas sur un petit nuage rose donc j'ai pris mon courage à deux mains, je me suis « Bon, fuck it et let's go » et en voiture Simone. Ou plutôt Hazel.

Bref. Cette fâcheuse boulette mise à part (vous avez le droit de m'applaudir), j'ai décidé de sauter le pas coûte que coûte, et de me faire ma petite opinion de paria. Et je dois dire qu'au début, j'étais plutôt séduite. La raison, en un mot : Hazel. C'est vraiment elle qui m'a le plus touchée dans cette histoire, et pas parce qu'elle est poignante ou émouvante (même si elle l'est), mais parce que Hazel est juste une ado de 16 ans normale. Avec un cancer, une bonbonne d'oxygène et des tuyaux dans le pif, OK, mais elle garde cette fraîcheur, un humour totalement inattendu, qui m'ont prise au dépourvu. Alors que tout dans sa vie n'est pas franchement jojo, elle sort des reparties pleines de piquant et de vivacité qui m'ont bien souvent fait sourire. Et j'ai trouvé ça rudement cool qu'on ne s'apitoie pas sur le sort des cancéreux, mais qu'au contraire, John Green montre une réalité ordinaire, avec ses hauts et ses bas, et la vie qui continue pour les autres.


En revanche, j'ai carrément moins accroché avec Augustus (what the fuck ce prénom, déjà ?! Vous imaginez dire : « Bonjour, je m'appelle Augustus » ? Clairement, NON). S'il est clair qu'Augustus est attiré par Hazel à la seconde où il pose les yeux sur elle, je dois dire que, comme Hazel, je ne comprends pas trop pourquoi. OK, Hazel est cool et pas banale, mais j'ai trouvé Gus trop empressé pour que ce soit crédible. J'aurais préféré qu'ils se tournent davantage autour, qu'ils se cherchent. Or, Augustus est déjà crazy in love (tiens, voilà que Beyoncé se tape l'incruste !) et fait tout le boulot de la séduction, et c'est dommage. Ça manquait de subtilité. OUI, j'ai osé le dire ! Et v'lan ! Cela dit, j'ai trouvé les doutes de Hazel beaucoup plus fins, notamment lorsqu'elle se considère comme une grenade prête à exploser. Enfin, pour avoir lu des tas de fois le fameux « OK ? OK » sur le net ou ailleurs, je dois avouer que les mots avaient perdu tout leur sens quand je les ai lus et je n'ai pas été touchée comme j'aurais voulu l'être. J'étais un peu genre : « Ah  ? Bon, bah OK alors… »

Quant au projet fou qui va les réunir, je dois dire que là, John Green m'a totalement perdue. J'ai trouvé ça franchement chouette que les deux éclopés de la vie se retrouvent dans un bouquin, et si le projet est à l'origine assez romantique et rocambolesque, il ne tient clairement pas debout dans la pratique. Et ce manque de réalisme, encore une fois, m'a déçue et m'a éloignée du roman et de ses personnages. Toute la partie du livre qui se déroule à Amsterdam m'a semblé décalée, trop grosse pour être crédible, et bien trop clichée — les canaux, les gens à vélo, le dîner avec le champagne et tout, les bidules des arbres qui volent… Mouais, too much !

Alors, voilà. Un bilan pas bien brillant. Je ne suis pas restée totalement insensible à cette histoire qui reste émouvante (je n'ai pas un cœur de pierre, non mais !), et j'ai beaucoup apprécié le traitement de la maladie, tout en retenue, en subtilité cette fois, avec ses pics de douleur et ses accalmies. Et ce qui m'a le plus marquée, c'est de voir que, quelle que soit l'horreur de sa maladie ou de celle des autres, le monde continue de tourner et qu'on sera tous oubliés. Espoir, bonsoir ! Je suis donc un peu déçue de ne pas m'être roulée par terre en chialant toutes les larmes de mon corps avec Nos étoiles contraires, mais je ne baisse pour autant pas les bras en ce qui concerne John Green et je referai volontiers un essai avec Qui es-tu Alaska ?, qui me tentait bien plus à l'origine que son best-seller. Alors, espérons que cette fois la lumière de ses étoiles saura me toucher.

Nos étoiles contraires, John Green.
Nathan, 2013, 330 pages.

14 commentaires:

  1. Je dirais pas que ça fait "plaisir" de lire un avis dans ce genre, mais pour une fois que je ne me sens pas trop exclue :)
    Pour ma part, je n'ai pas été déçue par contre, comparé aux autres lecteurs, je suis passée à côté. J'ai aimé, sans plus. Hazel m'a beaucoup plu, comme toi, Augustus beaucoup moins, comme toi aussi. Voila pourquoi ta chronique me parle !

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  2. Une critique qui n'y va pas avec le dos de la cuillère et j'adore. Je l'avais lu avant que tout le monde s'emballe et ce n'était pas un coup de coeur. Du même auteur, je préfère, Qui es-tu Alaska ?

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  3. C'est toujours intéressant de lire des avis mitigés sur ce livre. personnellement, je l'ai beaucoup aimé et j'étais réellement surprise, je trouvais ça frais et original mais je l'ai lu avant le tapage médiatique donc ça ne m'a pas dérangé mais je pense que si je l'avais lu maintenant, je l'aurais moins apprécié...

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  4. Je suis assez partagée sur ce livre : je l'ai lu après tout le battage médiatique, et je partais donc déjà un brin agacée. Et moi qui suis la reine des pleureuses, je n'ai pas versé une larme : il faut dire qu'on m'avait allègrement spoilée !

    En revanche, j'ai fait de drôles de rêves la nuit suivante : des cauchemars, même. J'ai rêvé que mon fiancé tombait malade. Je ne faisais pas la fière le matin.

    Bref, je ne peux pas vraiment dire que j'ai aimé ce livre, je ne l'ai d'ailleurs pas chroniqué, et je n'ai pas vu le film...

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  5. Pour ma part, je n'ai lu que "Qui es-tu Alaska ?" et j'ai eu un mal fou à terminer.
    Il faut dire que je n'ai pas du tout accroché avec Alaska, c'est ballot, donc pas ressenti l'attirance du narrateur pour elle. Bilan très moyen pour moi aussi, qui ne m'a pas donné envie de relire cet auteur pourtant adulé.

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  6. Pour ma part, j'avais réussi à échapper à toute la tapage médiatique car une amie me l'avait prêté en VO, ça a été un coup de cœur pour moi. Mais je comprends tes arguments :)

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  7. Bon courage pour Qui-es tu Alaska, car moi j'ai pas franchement aimé. Autant j'ai été touché par les personnages de Nos étoiles contraires, le rapport à la maladie (oui oui j'aime les choses morbides), (et moi j'ai été surprise par le chapitre 21, même si en lisant on voit les choses arrivés). Mais qui-es tu Alaska, je le lisais et je me disais "Oui, un chapitre, allez Bea tu peux le faire". Donc bon courage XD (Tu voulais pas le lire tout de suite j'espère :P) Bisous Flora. En espérant te revoir un de ces quatre. :)

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  8. Je rejoins bea285 et Roanne. Qui es-tu Alaska m'a paru long et plutôt vain, puisque je n'ai pas aimé le personnage d'Alaska, pas ressenti de fascination spéciale pour elle. Et comme toute l'histoire tourne autour, forcément ...

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  9. J'avais beaucoup aimé le film adapté de "Nos étoiles contraires", mais je n'ai toujours pas lu le livre (la honte). En fait, je sais que c'est idiot, mais j'ai l'impression d'avoir été spoilé par le long-métrage, argh ! Ne jamais regarder un film avant d'avoir lu le roman dont il est tiré...

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    1. Je suis allée voir le film et j'ai trouvé très originale leur intro qui te spoilent salement la fin dès les deux premières minutes :D
      Sinon, j'aurais tendance à te dire qu'en achetant le bouquin (si tu fais partie des lecteurs de résumé), tu t'attends à la fin, donc le spoil est minime ^^

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  10. Sans le savoir je l'ai lu casi en même temps que toi (je fuis les effets de mode) et c'est une grosse déception... Je n'ai pas du tout accroché avec Hazel et je suis passée à coté de l'histoire. Tant pis :P

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  11. Je suis assez d'accord avec toi et ce prénom Augustus (une horreur quand même ! ). Je pensais plus ressentir d'émotions mais non..

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  12. "Ne faites pas ça chez vous les enfants" !! Je rigole toute seule devant l'écran !
    Eh bah moi j'ai pas pleuré en lisant Nos étoiles contraires (j'ai eu la gorge serrée oui, mais pas au point de pleurer toutes les larmes de mon corps), par contre j'ai beaucoup ri ! (Olivier Peru m'a dit que j'avais pas de cœur, ceci explique peut-être cela ?).
    Comme toi, j'ai préféré Hazel à Augustus. Mais j'avoue que j'ai pleuré dans le film, mais pas aux mêmes moments que les autres gens dans la salle xD

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  13. J'ai moi aussi tendance à attendre que la folie retombe avant de m'attaquer à un roman aussi populaire ! Lu récemment, la déception a pointé le bout de son nez, malgré une petite larme versée (les histoires de maladies me font toujours cet effet là...). Le couple Hazel / Augustus m'a laissé de marbre, et sans être spoilée j'ai quand même vu arriver de loin la révélation du chapitre 21... Je verrai malgré tout le film avec curiosité ! Un billet dans lequel je me retrouve donc assez, merci ;)

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