mercredi 22 avril 2015

Un mercredi en contes, 1 ~ Cendrillon


Vous le savez peut-être si vous vous égarez de temps en temps par ici ; je suis une férue de contes. Biberonnée aux dessins animés Walt Disney, mon but dans la vie a toujours été de devenir princesse et j'aime d'amour les récits qui commencent par « Il était une fois », ceux qui nous entraînent dans des châteaux enchantés, nous présentent des fées marraines, de méchantes sorcières et des animaux qui parlent.
J'ai donc eu envie d'instaurer un nouveau rendez-vous sur le blog, autour de ces histoires qui ont bercé nos enfances et qui continuent de nous surprendre, des siècles plus tard. Parce que, certes, je connais les versions Disney sur le bout des doigts, mais j'oublie bien souvent les récits originels et parce qu'ils sont souvent source de mille surprises, je tombe sur mon blanc derrière quand je les (re)lis. Un mercredi par mois, je ferai donc un petit billet sur un conte choisi. Alors, inaugurons sans plus attendre ce rendez-vous avec un premier conte, qui n'est autre que…


Je vois votre mâchoire se décrocher de surprise… Mais quelle originalité ! Rien de très étonnant, en effet, puisque mon dernier billet est une déclaration enfiévrée au magnifique remake Cinderella de Kenneth Branagh et que depuis, je suis un-peu-beaucoup-follement obsédée par ce conte. J'ai donc eu une envie soudaine et terrassante de redécouvrir le récit de Charles Perrault, que je ne me souviens pas d'avoir lu pendant mon enfance, même s'il est fort probable qu'il me soit passé sous les yeux à un moment ou à un autre. Mais puisque j'ai la mémoire d'un concombre de mer, j'ai dû zapper ce souvenir ému de ma cervelle à la défaillance légendaire. BREF.

J'ai donc pris mon pied (hahahah ! Pardon.) en redécouvrant ce célèbre conte sous la plume délicieusement désuète de Charles Perrault. Toutefois, ma première surprise a été la brièveté du récit. OK, les contes dits « traditionnels » forment rarement des pavés de 500 pages, nous sommes d'accord, mais aaaah, que je l'ai vite dévoré ! Bien trop vite, j'en voulais plus, plus, PLUS ! Car tout se joue si vite… En deux pauvres paragraphes, voilà notre donzelle orpheline — POUF, désolée, ma belle, te voilà seule dans ta merde —, et c'est parti pour les maltraitances infligées par sa biatch de belle-mère. Droit au but, mon enfant !

Et pourtant, malgré cette plume hâtive qui cherche avant tout à ne pas ennuyer le petit mouflet à qui l'on conte l'histoire, j'ai été sincèrement mais agréablement étonnée de ne pas retrouver un récit radicalement différent du dessin animé que j'aime tant. Bon, on oublie les petits oiseaux bleus qui font le lit de la belle et les souris qui cousent sa jolie robe, maiiiiis l'essentiel est là, et franchement, ça m'a fait plaisir de voir que Disney n'avait pas tout piétiné avec ses gros sabots d'américain mal dégrossi. Je te fais donc ma plus belle révérence Walt, t'as fait du bon boulot. Ainsi donc, nous retrouvons notre orpheline, la cruelle et sadique belle-mère, Anastasia et Javotte, mais bien sûr la bonne fée marraine, la citrouille qui se fait carrosse, les souris qui se font chevaux, et — ô surprise ! — les lézards qui se font laquais, présents dans le remake de mon ami Kennethounet. Un détail fidèle fort appréciable de la part du réalisateur ! Le charme qui se rompt à minuit reste inchangé, et patati et patata toute la journée ça n'arrête pas… Voici un conte qui n'a point trop souffert des adaptations !


La fée dit alors à Cendrillon :
« Eh bien, voilà de quoi aller au bal ; n'es-tu pas bien aise ?
— Oui, mais est-ce que j'irai comme cela, avec mes vilains habits ? »
Sa marraine ne fit que la toucher avec sa baguette, et en même temps ses habits furent changés en des habits de drap d'or et d'argent, tout chamarrés de pierreries : elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de vair les plus jolies du monde.


À dire vrai, le truc qui m'a foutue un peu sur les fesses a été de découvrir que Cendrillon… bah, elle a pas d'autre nom. C'est « la fille du gentilhomme », point. Rétrospectivement, c'est là que j'ai trouvé l'idée de Kenneth Branagh de la nommer Ella (puis naturellement, Cinderella) simplement brillantissime. Ah, et puis, elle a un vilain deuxième surnom, à savoir : « Cucendron ». Personnellement, je l'aurais mal pris.

Bien entendu, il y a quelques divergences, mais elles sont peu nombreuses. Il y a bien évidemment la polémique sanglante autour de la pantoufle de vair ou de verre. Les puristes s'accordent à proclamer que notre Cendrillon porte des souliers de vair — c'est-à-dire, en fourrure d'écureuil… Mmmh, comme c'est charmant ! Je crois avoir lu quelque part que Perrault avait penché pour la seconde option plus « squirrel-friendly », mais dans mon édition, la donzelle est plutôt en mode braconnier et chausse des souliers de vair. Bon, je confesse que je n'ai guère eu le temps de bien faire mes devoirs ni de recherches approfondies pour discuter honorablement de la question, je laisserai donc le débat continuer sa route sanglante ! Mais pour ma part, je resterai toujours une fervente partisane du verre, parce que j'aime les écureuils et je ne pense pas qu'ils devraient finir en vulgaires pompes. Et puis le verre, c'est beau, ça chatoie ! (Bon, heu, bonjour les ampoules, par contre. BREF. Je m'égare encore une fois, on ne va pas écrire une Bible sur des pantoufles qui n'ont de toute façon jamais existé. Si ?)

Autrement, j'ai beaucoup apprécié quelques détails piquants de l'époque, comme cette phrase mignonette qui donne sacrément envie, lorsque Anastasia et Javotte se font habiller pour le bal : « On rompit plus de douze lacets à force de les serrer, pour leur rendre la taille plus menue » Houuuu, doux Jésus ! Parfois, je me dis que la fermeture Éclair, c'est bien sympathique, hein. Mais c'est fascinant d'avoir ces petites bribes d'un autre temps. Comme le fait que c'était la grande classe d'avoir un miroir où l'on pouvait se mirer des pieds jusqu'à la tête, une mention qui revient souvent sous la plume de monsieur Perrault. J'aime bien apprendre des petits bidules comme ça, c'est chouette.

« La bonne grâce est le vrai don des fées »

Quant à la fin du conte, je ne crois pas vous spoiler en vous révélant qu'elle ne diffère point de celle de notre copinou Walt Disney. Pantoufle qui sied au peton de la coquine, mariage princier et hop, le happy end est dans la poche ! Et puis, elle est bien bonne la Cendrillon, elle pardonne même ses affreuses demi-sœurs et v'là qu'elle leur trouve des maris qui allongent les biffetons. Belle joueuse, la donzelle, et pas rancunière pour un sou ! Ça ne vous rappellerait pas un certain « Have courage and be kind » ? Héhéhé.

Bref, le Cendrillon de Charles Perrault, bien que bref et ne se perdant pas en fioritures, m'a enchantée et agréablement surprise, car les adaptations qui en ont découlé, loin de le dénaturer, ont au contraire le mérite de lui rester fidèle, ce qui est fort appréciable et prouve que cette histoire n'a pas besoin d'être transformée ou altérée pour répandre sa magie et continuer d'émerveiller petits et grands. Alors, chapeau, monsieur Perrault.


Et hop, clap de fin pour la première édition de ce nouveau rendez-vous !

N'hésitez pas à me dire s'il vous a plu ou si vous avez des idées susceptibles de l'améliorer, car c'est un peu tremblotante et peu sûre de moi que je l'inaugure. Je suis tout ouïe !
Mais surtout, n'hésitez pas à partager votre ressenti et votre opinion à propos de ce conte intemporel, je suis très curieuse de connaître votre propre expérience d'enfant ou de grand ! Dites-moi tout : la Cendrillon de Perrault, vous l'aimez ou pas ?

Cendrillon dans le recueil Contes, Charles Perrault.
Éditions du Chêne, 2006, 400 pages.

8 commentaires:

  1. ça fait une éteeeeernité que je ne l'ai plus lu, il faudrait que je me repenche dessus ! Dans ma version (qui n'était peut-être pas celle de Perrault) les belles-soeurs étaient prêtes à TOUT pour chausser les fameuses pantoufles (même les trucs les plus trash. YERK).
    Est-ce que tu penses comparer les contes avec les films et les réécritures ?
    En tout cas, j'aime beaucoup l'idée de ce rendez-vous, j'ai hâte de lire les suivants !

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    1. Chouette, je suis super contente que ça te plaise, Sia !
      Hin hiiin, ce n'est sûrement pas la version de Perrault si les deux soeurs sont aussi trash. Mais je suis curieuse si tu peux remettre la main dessus ! ^^
      Il est possible que je compare les contes avec des réécritures ou des films mais peut-être dans un second temps, pour le moment, je vais me concentrer sur les textes seuls. :)

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  2. J'aime, que dis-je, j'adore ce nouveau rendez-vous ! Je me suis bidonnée en lisant ton article et, ma foi, c'est bien agréable pour un jeudi matin.
    Par contre, la fourrure d'écureuil... WHAT ? Cendrillon ne fait-elle donc pas partie de ces princesses ayant pour meilleurs amis des petites bêtes à poils ? Madame préfère ainsi en faire des carpettes ? Charmant '_'
    Sur ce, mon petit roudoudou... BONNE JOURNÉE !!!

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    1. Mooooh, merci mon Bouchon !
      Non mais t'as vu ! C'est quoi ce truc du vair hype ? C'est assez dégueu.

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  3. Mince, je ne sais plus si c'est la version de Perrault que j'ai lue... Tu sais si les frères Grimm en ont fait une version ? En tout cas, je me souviens qu'à la fin il y a des oiseaux qui crèvent les yeux des belles-soeurs et que la belle-mère met des chaussures brûlantes avec lesquelles elle est obligée de danser jusqu'à ce que ses pieds se consument (que c'est charmant !).
    PS : J'ADORE cette idée de nouveau rendez-vous ! Hâte de voir les prochains articles :)

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    1. Merci Fanny, je suis raaavie que ça te plaise !
      Je ne voudrais pas dire de bêtises mais il me semble bien que les frères Grimm en aient fait une version... et ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit bien plus trash que celle de Perrault. :D Ce dont tu te souviens donne envie en tout cas, mmmmh, comme c'est adorable ! Mais je suis curieuse, du coup ! ^^

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  4. C'est vrai que Cendrillon est partout en ce moment ! Ce nouveau RDV qui est géniial va me donner envie de redécouvrir les contes ^^

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    1. Merci Léa, très contente que ça te plaise ! :D

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