samedi 14 juin 2014

Wizards ~ L'Initiation, Diane Duane lance un sort sans étincelle


Pour Nita, treize ans, la vie n'a rien de simple. Fluette, bonne élève et le nez toujours plongé dans un livre, elle est le souffre-douleur de ses camarades d'école. Bleus et contusions, tel est le quotidien de la jeune fille. En rentrant un soir de l'école, elle n'échappe pas à la routine, et lorsque la terrible Joanne la poursuit comme un chien enragé pour lui faire payer son insolence, Nita se réfugie dans un sanctuaire béni : la bibliothèque municipale. Alors qu'elle traîne dans le rayon jeunesse qui l'a vue grandir, Nita s'arrête devant un ouvrage qu'elle n'avait jamais aperçu, un étrange manuel intitulé Comment devenir un sorcier en 10 leçons. Croyant tout d'abord à une bonne blague, la jeune fille commence sa lecture, et son cœur ne tarde pas à s'emballer. Et si elle était réellement une sorcière ? Si un monde magique existait au-dehors ? En ouvrant ce manuel, c'est tout un nouveau monde qui va s'ouvrir aux yeux de Nita, un monde merveilleux... mais qui n'est pas sans obscurité.


Lorsque j'ouvre un roman qui traite de sorcellerie, mon petit cœur de lectrice s'affole toujours, car il ne rêve que de retrouver l'atmosphère magique de Harry Potter. Si je n'ai jamais retrouvé cet incroyable enchantement après avoir refermé l'ultime tome du sorcier à lunettes, j'étais néanmoins pleine d'espoir devant ce roman défini et vendu comme le précurseur de l'univers créé par J. K. Rowling, un roman peu connu en France mais très célèbre outre-Atlantique. J'ai nommé Wizards. Un dragon sur la couverture, un titre d'or gaufré, un livre au centre de l'intrigue : tous les ingrédients semblaient réunis pour que la potion magique prenne. Toutefois, malgré mon bon pressentiment, la baguette magique de Diane Duane s'est avérée un peu rouillée, et si ce premier tome se révèle être un honnête divertissement, il ne possède pas la puissance ni l'étincelle qui font toute la magie de Harry Potter.

Cela n'empêche pas Wizards de commencer sur les chapeaux de roues et de nous embarquer très vite dans un monde magique empli de potentialités alléchantes. En effet, on ne peut pas reprocher à ce premier tome de traîner en longueur, car l'auteure déploie son intrigue de façon rapide et efficace, nous trimballant à un rythme dynamique jusqu'à la fin. C'est donc aux côtés de Nita et de son ami Kit que l'on plonge dans une curieuse aventure qui mêle un New-York bercé de magie lumineuse à son pendant obscur, une cité d'ombres et de ténèbres, gouvernée par un diabolique sorcier. D'un monde à l'autre, il n'y a qu'un pas, et les deux adolescents vont sauter dans le second sans savoir ce qui les y attend. Si ce monde double, assez manichéen, réserve néanmoins des découvertes inattendues, on regrettera en revanche que la motivation de cette aventure trépidante ne soit qu'un... stylo. Car c'est bien pour ce banal objet, cher au cœur de Nita, que les deux amis vont se précipiter dans une épopée qui va mettre non seulement leur vie mais aussi la survie du monde en péril.
Malgré cette faiblesse qui dessert légèrement la crédibilité du roman, Wizards nous introduit à un monde magique intéressant, qu'il est important de saluer en raison de son ancienneté. Au fur et à mesure de l'apprentissage de Nita et de Kit, on découvre ainsi une sorcellerie originale, véhiculée par le Discours, le langage des sorciers. Les deux adolescents découvrent qu'ils peuvent non seulement lancer des sorts pour se protéger, mais aussi discuter avec les arbres, les pierres et les machines. C'est sans doute cet aspect qui m'a le plus enchantée, cette universalité de la magie de cet univers où chaque être, vivant ou inanimé, possède une conscience et peut répondre et interagir avec nos deux sorciers.
Contre toute attente, ce n'est pas au charme de Nita ou de Kit auquel j'ai succombé en premier lieu. Certes, les deux jeunes sorciers se révèlent attachants, notamment dans leur manque d'assurance et leur bonté, mais il est dommage et peu crédible qu'ils réussissent chacun de leurs sorts du premier coup, là où on se serait attendu à des tâtonnements légitimes de la part de deux novices. Mon cœur va ainsi à deux personnages plus originaux. Celui de Fred, sorte de trou blanc luminescent apparu à la suite d'un sort de Nita et de Kit et qui se montre très curieux envers la curieuse planète des jeunes sorciers. Si ce petit trou blanc promet quelques répliques délicieusement inattendues, il est surtout terriblement attachant, et je m'y suis cramponnée jusqu'à la fin. Puis, c'est l'étrange voiture de sport que les deux sorciers rencontrent dans la dimension enténébrée de New-York, la belle Lotus, qui m'a également touchée, car cette créature sauvage mais affectueuse réserve quelques surprises.

L'Initiation dévoile ainsi quelques faiblesses et maladresses qui nuisent à sa crédibilité et ne peuvent l'ériger au rang du phénoménal Harry Potter qui, même s'il semble s'inspirer de certains éléments imaginés par Diane Duane, comme le sobriquet du méchant, possède une étincelle que Wizards ne parvient pas à pleinement allumer. Néanmoins, ce premier tome compense ses failles grâce à des personnages originaux et attachants ainsi qu'un univers qui semble contenir de belles promesses pour la suite. Il ne nous reste plus qu'à croiser les doigts pour que la magie nous balaie de plein fouet dans la deuxième aventure de nos deux jeunes apprentis sorciers...

L'Initiation (Wizards, 1), Diane Duane, Lumen, 329 pages.

2 commentaires:

  1. Décidement, ce livre ne fera pas beaucoup d'étincelles ... ( ni de commentaires d'ailleurs )

    Pourtant l'oeil de dragon en couverture semblait prometteur ^^

    Bonne fin de semaine Chère Flora !

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    1. En effet, c'est à croire que j'ai fait fuir de potentiels lecteurs avec mon manque d'enthousiasme... Eh oui, c'est dommage, car la saga a du potentiel ! Mais il faut avouer qu'à l'époque de sa parution, qui commence tout de même à remonter pour un livre du genre, ce devait être une petite pépite. Aujourd'hui, cela semble un peu fade comparé à d'autres livres pleins de magie. Un peu comme un vieux film fantastique aux effets spéciaux vieillissants face à un blockbuster...

      Merci pour vos quelques mots et bonne fin de semaine à vous également, my dear Constance ! :-)

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