dimanche 20 avril 2014

Caprices de lectrice #7 : bonjour, monsieur l'auteur je... ah, au revoir.

Dear amigos,

La fois dernière, nous nous étions quittés sur la rencontre entre le lecteur et l'auteur, ce moment d'émotion, de connivence et de magie que chacun chérit dans son petit cœur de dévoreur de livres. Hélas, cette rencontre n'est pas toujours heureuse. Auteur crevé, file d'attente interminable, timidité maladive d'un lecteur éperdu d'admiration... Tout un tas de facteurs peuvent ruiner ce délicieux moment. Et il ne reste plus qu'à aller se cacher. Bien profond.

Quand un auteur est tout timide.

Ça, c'est à croquer. Tu sens que l'auteur est tout content de découvrir le lecteur en toi, mais qu'il est en même temps gêné et un peu intimidé d'être le centre de ton attention. Il y a souvent quelques sourires maladroits, des rires un peu gênés, une petite rougeur des pommettes... Personnellement, je fonds et ça me donne envie de lui faire un câlin. Après, il y a aussi ceux qui sont trop inhibés pour entretenir une véritable conversation, et tu as l'impression de passer pour un fou quand tu essaies de briser la glace. En vain.

Quand tu n'arrives pas à trouver tes mots face à un auteur ou qu'il ne capte rien à ton baragouin.

La solitude. La pure, la vraie. Tu essaies de communiquer des choses à cette personne devant toi, mais non, les mots sortent dans le mauvais ordre, ne veulent rien dire et te laissent seul, avec ton malaise. Généralement, l'auteur se montre compréhensif et bienveillant, il sourit de façon à ne pas répondre (puisqu'il n'a rien compris et personne ne l'en blâme). S'il commence à te demander de plus amples explications, c'est la MORT. C'est aussi le cas quand tu rencontres un auteur de nationalité étrangère et que la barrière de la langue ou de l'accent est tout simplement infranchissable.

Quand tu avoues à un auteur que tel passage de son livre ne t'a pas plu ou convaincu.

Ah, quel crève-cœur ! À moins d'être vicieux et d'aller invectiver un auteur dont tu as détesté le livre, cela part en général d'un bon sentiment : tu discutes de ton intérêt pour tel ouvrage, les bons côtés, tout ça... puis vient la partie où tu avoues ce que tu aurais aimé découvrir, telles choses qui ne se sont pas déroulées selon tes attentes... Et là, tu vois la détresse grandir dans les yeux de l'auteur qui pense « J'AI FAILLI ».

Quand un auteur se sent seul et tente d'appâter un potentiel lecteur...

De voir un auteur, tout seul à sa petite table, sans lecteurs, sans personne du stand pour discuter avec lui, c'est vraiment ce qui me fend le cœur. Quelle peine de voir l'espoir s'allumer et ce sourire encourageant se dessiner sur les lèvres de l'auteur qui croise ton regard et t'appelle de toutes ses forces !

... Et que tu ne sais pas si tu dois aller voir l'auteur, seul dans son coin, qui te dévore des yeux avec espoir.

Alors que faire ? Ton côté « lecteur servant sur son fidèle destrier » t'encourage à aller voir cet auteur en peine et à lui procurer un peu de joie dans ce monde de brutes, mais d'un autre côté, tu te dis qu'il doit y avoir une raison pour cette soudaine désertion, et que ça cache quelque chose de louche. Du coup, le dilemme s'empare de toi, tu esquisses un petite sourire gêné et généralement, tu regardes ailleurs et traces ton chemin. Et tu te sens minable.

Quand il y a une queue de dingue pour l'auteur que tu rêves de rencontrer.

Nooooooooooon ! Pas de chance, c'est ton auteur fétiche qui attire la foule, il va falloir prendre ton mal en patience. Alors que tu as envie de pousser tout le monde, tu souris en disant à la personne qui te précède « Eh ben, y en a du monde ! » Et tu croises les doigts pour que d'autres abandonnent en cours de route et quittent la file d'attente pour te faire gagner quelques places.

Quand la personne juste devant toi te dit que l'auteur ne dédicace plus après elle.

Le destin s'acharne. Tu souris gentiment, tu t'en vas rapidement pour que personne ne voie ton désarroi, mais tu bous à l'intérieur. POURQUOI ?!

Quand l'auteur papote avec quelqu'un d'autre et t'ignore royalement...

C'est un peu comme les caissiers qui parlent entre eux sans te dire « bonjour ». Tu as un peu l'impression d'être invisible, sans intérêt et d'ennuyer l'auteur.

Quand tu aimerais bien discuter avec l'auteur mais que bon, il y a des gens qui attendent derrière.

Ton monde s'écroule. Tu étais tout enthousiaste à l'idée d'échanger quelques mots avec cet écrivain, mais bon, il n'a pas que ça à faire, il y a des gens qui attendent derrière. Plein de gens. Alors, c'est l'usine : coucou, un scribouillis et au revoir. Au suivant. Si tu t'attardes, les gens commencent à râler et tout le monde te fixe d'un regard meurtrier. Alors tu capitules. C'était bref mais magique. Mais tu as un peu envie de pleurer.

Quand tu es face à un auteur qui ne te parle pas. Du tout.

Bon. Bah c'était chouette. Au revoir, alors.
Motherfucker.

9 commentaires:

  1. Ha ha, toujours aussi bon ! J'adore :)

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    1. Héhé, tu m'en vois comblée, ma chère Agnès ! Si ça parle à un auteur, c'est bon signe, pas vrai ? :D

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  2. Diantre ! Un article si réjouissant et qui ne compte pourtant que si peu de commentaires ?

    A croire que vos fidèles lecteurs sont actuellement en vacances ^^

    Pour ne pas changer, j'avoue être toujours aussi admirative du choix de vos gifs animés ( mais où va-t-elle les chercher ? Ils sont tous si pertinents et collent parfaitement à son propos, cette fille est vraiment douée ! )

    Ne fréquentant pas excessivement les conventions littéraires et autres salons du livre, je peinais ( un peu ) à me mettre dans les situations de votre chronique ... mais j'ai trouvé la parade : il me suffit de remplacer "auteur" par "rock star adoré" ou "réalisateur de cinéma fétiche" et comme par magie, je me sens tout de suite plus impliquée ^^

    Merci Chère Flora pour cette chronique toujours aussi divertissante !

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    1. Oh, ma chère Constance, quel plaisir de vous lire ! (Je rougis un peu de plaisir, je dois l'avouer !)

      Tiens, tiens, je me demande bien quelle rock star et réalisateur de cinéma fétiche ont remplacé les auteurs dans votre imagination... Un indice ? :)

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  3. Ces GIF me feront toujours autant rire ^^ Merci !

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    1. Ravie que ça te plaise, petit Griffu ! :D Je t'attends au tournant pour la prochaine fournée !

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  4. Oh mon dieu. C'est tellement vrai !!! En particulier pour le passage qui ne t'a pas convaincu : en même temps, tu ne peux pas mentir, mais tu n'as pas envie de décevoir l'auteur... C'est terrible ça !
    Merci pour cette jolie tranche de tumblr (j'aime!)

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    1. Hahaha, contente que cette nouvelle fournée ait trouvé un écho un toi ! :)
      C'est vrai que c'est vraiment un crève-coeur de pointer les faiblesses d'un ouvrage à son auteur... Personnellement, je préfère ne pas aller le voir plutôt que de l'attrister avec pareils propos. Mon coeur de lectrice n'y résisterait pas !

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  5. Non, non, ne rougissez point, ces compliments sont mérités !

    D'ailleurs au vu des autres commentaires de cette chronique, je crois ne pas être la seule à goûter le choix subtil de vos malicieux gifs animés ( hé hé )

    A dire vrai, chère Sherlock : en fait d'indice, m'est avis que vous ne pensiez pas si bien dire ...

    Peut-être qu'en partant à la chasse aux allusions dans les titres du blog ( ou via les intitulés de certains articles en boutique ) vous pourrez certainement reconstituer une bonne partie de mes "classiques" musicaux favoris !

    Mais consacrez vous plutôt à vos belles lectures, c'est une activité bien plus productive et profitable pour vos neurones ^^


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