mercredi 11 décembre 2013

Caprices de lectrice #3 : l'enfer de la librairie

Hop, hop, hop,

Déjà la troisième édition des Caprices de lectrice, que d'émotion ! Enfin bref. Comme promis, aujourd'hui nous allons éprouver l'enfer de la librairie. En effet, ce lieu merveilleux a beau être notre refuge ultime et notre caverne aux trésors, il réserve parfois des déceptions et des crises de nerfs dantesques. Chaque lecteur pourra y aller de son anecdote... Voici les miennes.

Quand tu es dans les starting-blocks, prêt à passer la porte de ta librairie et que tu as du mal à contenir ta joie.

Ça y est, les portes du paradis sont là, juste devant toi ! Tu es tout excité à l'idée de la pile de livres que tu vas trouver et ramener chez toi. C'est le moment de folie que tu t'octroies et tu comptes bien en profiter. Qu'importe si personne ne répond à ton « Bonjour ! » guilleret, rien ne peut t'atteindre pour le moment, tant l'euphorie est grande. Mais ça ne saurait durer...

Quand quelqu'un est planté devant TON rayon et qu'il y reste trois plombes.

Qui ne l'a pas expérimenté ? Tu as ton rayon chouchou, et c'est le premier vers lequel tu te rues, tout content à l'idée des nouveautés que tu vas y dénicher depuis ton dernier passage. Sauf qu'un abruti s'est planté juste devant et t'empêche de l'approcher, ou même de lire au-dessus de son épaule. Et il compte bien t'enquiquiner en prenant touuuut son temps... Et toi, tu fulmines derrière.

Quand un autre client te bouscule...

Un grand classique. Tu es tranquille et ne gênes personne mais un abruti trouve quand même le moyen de te donner un coup ou de te bousculer, voire à te mettre un coup de livre (ce qui fait très mal). Et le plus souvent, il ne s'excuse pas, bien entendu... Là les envies de meurtre commencent à monter, lentement, mais sûrement.

Quand tu essaies d'attirer l'attention du libraire mais qu'il te snobe royalement.

« Hum, bonjour, excusez-moi... » Là, tu te prends un vent magistral, oeuvre maîtresse des libraires qui excellent dans l'art d'ignorer autrui. Dédain ? Manque de temps ? Tendance suicidaire ? Mystère ! Dans tous les cas, le libraire te laisse perdu. Tu te sens tout penaud, humilié de la sorte devant les autres clients, et tu pars vite la queue entre les jambes, dans l'espoir que non, personne n'a rien remarqué et tu n'adresseras plus jamais la parole au libraire en question.

Quand tu remarques qu'un livre est mal rangé.

Quand tu as de la chance, il n'y en a qu'un qui trône délaissé sur une table, alors tu frémis seulement. Mais parfois c'est toute une pile qui a été abandonnée, et tout en maudissant l'impolitesse et l'effronterie des gens, tu ne peux t'empêcher d'aller les ranger ou de les rendre au libraire.

Quand il fait une chaleur à crever dans la librairie et que tu meurs à petit feu (dédicace spéciale à Gibert Joseph).

Dehors, il fait -15 degrés, mais dedans c'est la fournaise du diable. OK, au début, tu te sens bien, comme dans un cocon, sauf qu'au bout d'un quart d'heure, tu commences à suer avec tes douze manteaux/écharpes/gilets/pulls/gants/bonnets, et flâner dans les rayons devient une épreuve du combattant. Tu finis à la caisse rouge comme une tomate, en nage et tu rêves de retrouver le froid polaire de l'extérieur.

Quand il y a TROP de monde à la librairie et que ton espace vital est dangereusement menacé (genre à Noël).

Les gens pullulent de partout, les rayons sont pris d'assaut, tu ne peux même pas approcher une table, les livres volent dans tous les sens, les libraires sont surchargés, et c'est à peine si tu arrives à te frayer un chemin dans tout ce bazar... Bref, tu vas exploser et la librairie avec !

Quand il ne reste plus qu'un seul et unique exemplaire du livre que tu veux et que d'autres sont sur le coup.

Tu l'as repéré, il est là, le bouquin que tu veux, mais quelqu'un le feuillette ou attend ostensiblement à côté de toi pour te le piquer une fois que tu auras le dos tourné... Ce livre est à toi, tu es prêt à te battre s'il le faut, alors beware !

Et que tu te retrouves les mains vides car quelqu'un d'autre a été plus rapide que toi et l'a subtilisé en beauté.

Sauf que tu as merdoyé quelque part et quelqu'un t'a doublé. Là, le monde s'écroule, le Graal est hors d'atteinte et tu as envie de pleurer.
Voilà ce que tu as envie de faire subir à l'importun qui a osé te doubler et te voler le bouquin que tu voulais.

L'image parle d'elle-même. Qu'on te bouscule, passe, qu'on te snobe, passe, mais qu'on te vole le bouquin, ça non ! C'est une déclaration de guerre, tu le prends de façon très personnelle et exiges réparation.

Mais malgré tes envies de meurtre, tu essaies de feindre l'indifférence...

Ça, c'est quand tu es au comble de l'hystérie mais que tu essaies de faire le mec ou la nana cool, du genre : « Ça ne m'atteint pas ». Sauf que tu bous littéralement à l'intérieur.

Tu es tellement désespéré que tu es prêt à tout (y compris à te servir de tes charmes) pour amadouer l'imbécile pour qu'il te cède le livre tant convoité.

Et le pire, c'est quand tu sais que tu as hésité trop longtemps à acheter ledit bouquin et que le crétin a profité de ton indécision pour entrer en action et te le subtiliser et que tu n'as que toi-même à maudire.

Ça, c'est ma malédiction personnelle : je repère un livre qui me tente vachement, sauf que par esprit de contradiction ou pure stupidité, j'hésite et je le repose finalement, parce que je préfère laisser mon envie mûrir et attendre de voir si je le veux vraiment. Sauf que lorsque je retourne à la librairie, tout emballée à l'idée d'acheter le bouquin auquel je n'ai pas arrêté de penser depuis, il n'est plus là, et quelqu'un d'autre l'a acheté. C'est ma faute et j'ai envie de me tuer.

Enfin, parfois (mais pas assez souvent), la Providence frappe et c'est toi qui chopes le livre en premier et tu en éprouves une joie perfide.

Eh oui, parfois la chance nous sourit quand même ! On découvre une petite perle qu'on attendait depuis longtemps et on l'achète sans réfléchir, tout heureux de notre bonne étoile. Ce qui fera le malheur d'un autre client, mais sur le moment, qu'est-ce qu'on s'en moque !

Quand tu vois le monde qu'il y a à la caisse...

Il y a des fois où il ne vaut mieux pas entrer quand tu vois déjà le monde qui attend en caisse. Et comme par hasard, tu choisis toujours la caisse la plus lente. Oui, c'est le destin qui se moque de toi.

Quand vient le moment de passer à la caisse et que le libraire se frotte les mains parce que tu n'as pas pu trancher entre les dix bouquins que tu convoitais.

Tu pleures en repartant parce que tu as vidé ton compte en banque. La bonne nouvelle, c'est que tu as laissé un peu de sursis à ton libraire, mais il faudra que tu te remplumes avant de pouvoir y retourner.

Et que tu ressors de la librairie, béatement heureux avec tes sacs remplis de livres mais totalement plumé.

Ou finalement, quand tu as trop traîné dans les rayons et que ta librairie te ferme la porte au nez ou qu'elle est exceptionnellement fermée, la vie n'a plus de sens.

Quoi de plus frustrant que d'avoir été trop lent et d'être chassé de la librairie qui ferme avant d'avoir pu finir tes emplettes ? Ah, cruelle déception ! Idem quand tu arrives tout pimpant devant ta librairie pour la trouver fermée. Tu as l'impression qu'un dieu perfide te regarde de son ciel et se bidonne devant ta mine déconfite.

10 commentaires:

  1. :-)
    Aaah bin j'en retrouve des similitudes :-)

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    1. Héhé, me voilà rassurée, les souffrances sont donc partagées ! Pas facile la vie de lecteur, hein ?

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  2. Caro Bleue Violette12 décembre 2013 à 18:28

    Le “move bitch” de Rogue m’a trop fait rire ! Moi aussi ça m’éneeeeeeeeve quand quelqu’un est planté juste devant le rayon que je veux passer en revue et qu’il reste là sans bouger à regarder dans le vide...si encore il feuilletait les bouquins, mais non ! C’est fou le nombre de gens que je vois dans les librairies qui restent plantés devant un rayon dans l’expectative, sans même regarder les livres, ça me rend diiiiiiingue :)

    Et, ah les livres mal rangés ! Que ce soit une pile mal faite ou un livre qui n’est pas classé dans le bon rayon, je ne peux m’empêcher de ranger, ce qui me vaut souvent d’être regardée bizarrement par les autres clients (ou de travers par les libraires !) XD

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    1. Mouhahahah, ça fait plaisir de voir qu'on a les mêmes manies et agacements ! A croire que certains attendent que le bouquin sorte de lui-même de l'étagère, en effet, c'est tellement inutile !

      Pour les livres mal rangés, c'est aussi ma bête noire. Le pire, c'est dans les grandes librairies où les clients peuvent laisser leurs bouquins incognito, parfois il y en a cinq ou six d'un coup (genre sur les tables, donc en plus, ça gêne tout le monde), et ça mérite un sortilège impardonnable. :D Ca ne m'étonne pas qu'on te regarde bizarrement car en fait, ça paraît toujours suspect quand on se comporte poliment. Incroyable mais vrai... Parfois, les gens me trouvent louche parce que je remets bien les livres en place sur les tables s'ils sont un peu dérangés. Purée, je crois que si j'étais librairie, je deviendrais dingue à force de passer derrière les clients à longueur de journée. :)

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    2. Caro Bleue Violette19 décembre 2013 à 13:37

      Purée, moi aussi je deviendrais dingue :)

      Et tu as raison, la politesse de nos jours, c'est bizarre : il n'y a qu'à voir la tête surprise de certaines vendeuses et caissières quand, en petite fille bien élevée, tu dis bonjour, au revoir, merci et bonne journée avec un grand sourire...limite si tu ne passes pas pour l'idiote du village :)

      Et à la librairie, ça m'est encore arrivé hier de me faire regarder de travers : une dame a démoli une pile de bouquins, j'arrive juste derrière elle dans le rayon et machinalement je refais la pile...la dame n'avait pas encore quitté le rayon, elle m'a jeté un de ces regards noirs, genre "mais de quoi elle se mêle celle-là, elle n'est pas libraire que je sache" ? Les gens :D

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    3. Héhéhé, c'est tellement vrai ! Être poli n'est plus à l'ordre du jour, j'imagine, mais je préfère passer pour l'idiote du village alors. :D

      Mon Dieu, ton anecdote... En plus de mettre le bazar, la cliente te juge parce que tu ranges derrière elle ? Les gens m'étonneront toujours ! Si elle avait semblé gênée, d'accord, mais là, c'est à croire qu'elle est outrée qu'on ose ranger. Purée !

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  3. Oh c'est excellent, je me retrouve totalement ^^ Surtout au niveau de l'indécision. J'attend j'attend et puis quand je me rend compte que je veux vraiment ce bouquin, hop! il a disparu. Horreur et damnation.

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    1. Copine ! Eh oui, que c'est enquiquinant d'être comme nous... Et le pire, c'est que c'est de notre faute ! Enfin, peut-être que ça se guérit, il faut espérer. :)

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  4. ah ah :D je ne sais pas où tu vas les chercher, mais c'est juste excellent :D Sinon, tout pareil que ce soit pour la chaleur étouffante, les livres mal rangés (grrr!) ou les gens qui viennent te prendre l'exemplaire convoité sous e nez (et là tu regrettes de ne pouvoir faire Kick Ass dans le magasin ! )
    Joli billet la Miss, je frétille déjà à l'idée du n°4 !

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    1. Héhé, si tu approuves, je suis comblée ! Tu m'as bien fait rire avec Kick Ass, mais je dois avouer que ce serait tellement libérateur parfois ! Enfin, on est un peu des sociopathes, quand même, mais à condition qu'on nous cherche des noises, bien sûr. :D
      Si tu veux un avant-goût du 4e numéro, ce sera sur les transports... Mais chuuut !

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