vendredi 6 décembre 2013

Caprices de lectrice #2 : la magie de la librairie

Oyez, oyez,

La semaine passée, nous avions lancé les Caprices de lectrice et fait honneur à la noble activité de blogueur. Je vous annonce d'ores et déjà que vous pouvez retrouver toutes ces petites joies sur le Tumblr, qui a enfin pointé le bout de son nez ! Il est encore un peu maigrelet, mais il s'étoffera au fil des semaines, patience... En attendant, n'hésitez pas à passer le mot à d'autres mordus de livres si vous êtes conquis, c'est toujours gentil !


Afin de varier les plaisirs, explorons aujourd'hui une autre facette de la vie trépidante de lecteur. Cette nouvelle fournée a ainsi pour sujet la librairie, ses joies et ses peines. En effet, l'objectif de ce concept étant de retracer en images les bons et mauvais moments de la vie d'un lecteur, la librairie en est un moment et un lieu clef. L'étape immanquable de la journée, semaine ou mois (selon l'assiduité de chacun), qui motive le lecteur a sortir sa vieille carcasse ébouriffée hors de son nid douillet pour aller quémander sa dose. Le lieu empli de magie et de mystère, qui recèle de choses que l'on ne soupçonne même pas, et qui nous promet toujours de belles découvertes, de pair avec un magnifique trou dans notre porte-monnaie. Euphorique ou frustré, la librairie nous met toujours dans tous nos états, parce que l'on a trouvé la perle que l'on recherchait ou bien que l'on est ressorti bredouille, les mains vides et le coeur lourd. Oui, lorsqu'on rentre sans notre petit sac bien rempli, la déprime s'empare de notre faible esprit, et la vie nous semble bien injuste. Bref, notre passage en librairie, on le chérit, on le planifie, et on le savoure.

En ces premiers jours de décembre, le froid débarque pour de bon, mais nous, lecteurs, ne reculons devant rien pour nous approvisionner. Car le froid a beau nous mordre le visage, lorsque nous rentrons dans la librairie et que, la première vague de chaleur réconfortante passée, nous commençons à suer et à devenir cramoisi sous nos pulls, gilets, manteaux, écharpes et bonnets (dédicace personnelle à Gibert Joseph, véritable enfer sur terre en été comme en hiver), nous n'en flânons pas moins pendant une heure entre les rayonnages, fournaise ou pas. Et nous revivons.

Voici donc quelques moments ou phases qui sont récurrents dans mes visites en librairie, et que vous partagez peut-être. A vous de me le dire !
~
A chaque expédition en librairie, le même émerveillement béat devant tous les livres qui attendent d'être lus.

N'est-ce pas magnifique, tous ces bouquins qui n'attendent que nous pour sortir de leur rayon étroit ? Toutes ces possibilités de lectures, d'univers, de découvertes et de plaisirs ? Dès que je mets le pied dans une libraire, c'est la folie, et je réagis un peu comme un chat qui sent les premières effluves de l'herbe magique... On a envie de tout renifler, de tout toucher, de tout gober avec les yeux. C'est comme de lâcher un mouflet dans un magasin de jouets. Commence d'abord un moment d'extase, presque religieux, suivi ensuite d'une frénésie incontrôlable.

Quand je promets de ne plus acheter de livres parce que je n'ai pas le temps de les lire et que je craque à mon prochain saut en librairie.

Typique... J'achète trop de livres, ou plutôt, je n'ai pas le temps de lire aussi vite que je n'achète. Par conséquent, ma pile est vertigineuse depuis quelques années, et, raisonnable, je me freine en m'interdisant tout nouvel achat jusqu'à ce que je débroussaille un peu ma PAL. Pfeuh ! Sauf que je suis une acheteuse de livres compulsive. Quand je me mets dans la tête qu'il me faut absolument tel livre, c'est fini, je perds tous mes principes. Et je craque. Les bonnes résolutions ne tiennent jamais longtemps, pas vrai ?

Ce que je me répète en boucle quand je bave devant les tables de nouveautés en librairie... en vain.

Ah, quelle douce torture... Les livres sont là, à portée de main, ils sont beaux, ils sont neufs, ils sentent bon. Et ils nous narguent. Parce qu'on ne peut pas céder à toutes nos tentations et qu'il faut faire des choix dramatiques. Il faut se restreindre et se brider. Et on se dit que la vie est décidément mal foutue.

Quand ça y est, j'ai mis la main sur le livre que je voulais (ou que le libraire le trouve pour moi et que ma réaction est très enthousiaste).

My precious ! Cela m'arrive souvent d'être un peu trop démonstrative en librairie. Quand je repère le bouquin que je recherche, mes yeux s'agrandissent comme des soucoupes, je m'empare du Graal afin d'éviter qu'un imbécile n'ait l'idée saugrenue de me le voler et je ne le lâche plus, bien serré contre moi. Si je suis très heureuse, je pousse un petit cri. Même devant le libraire, et les clients. Je crois que ça les effraie parfois.

Quand l'envie d'acheter un livre me démange mais que je pense à tous les obstacles que la vie dresse sur mon chemin (argent, manque de temps livre, travail, pile à lire énorme) et qui devraient me faire reposer le bouquin...

La vie est injuste, c'est bien connu. Il y a toujours une petite voix qui nous susurre d'être raisonnable, d'économiser, tout ça. Bref, la voix de la conscience. Et puis, il y a celle de notre démon intérieur qui veut nous faire pécher. Selon mon humeur, j'écoute l'une ou l'autre. Mais je me laisse plus facilement amadouer par la seconde... Il peut m'arriver d'hésiter très longtemps devant un seul livre : je dresse le pour et le contre, encore et encore, et le dilemme intérieur se résout la plupart du temps par une décision que je regrette par la suite.

Quand la raison a eu le dessus sur la passion et que je suis revenue de la librairie les mains vides.

C'est le moment où la déprime nous guette sérieusement. On a passé une heure ou plus dans la librairie, on a vu plein de livres qui nous plaisaient ou pire, trouvé aucune perle, et on rentre à la maison sans notre petit sac. Certes, le compte en banque sourit, mais notre faim de livre grogne de déception. Personnellement, ça me met de très mauvaise humeur.

... Ou quand je m'en fous et que je passe à la caisse avec le bouquin et j'en suis très fière.

Une image un peu vulgaire, je le concède, mais qui illustre si bien mon ressenti quand je décide de braver mes principes et mes bonnes résolutions pour me faire plaisir ! Je fais un beau pied-de-nez à la vie et ses obstacles pourris et je ne peux m'empêcher d'être toute guillerette.

~

Prochainement : l'enfer de la librairie.

13 commentaires:

  1. ah ah ! celle avec Bilbon est vraiment bien trouvée !! (Hum ? Moi, agir ainsi ? Mais absolument ! ^^)

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    1. Tiens, tiens, la fan du Seigneur des Anneaux surgit, mouhahaha !
      Je pense que ça parlera à pas mal de lecteurs en effet ! On est un peu dingues, n'empêche, mais c'est ce brin de folie qui fait notre charme. :D

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  2. Oh tu ne crois pas si bien dire avec LOTR ;)
    J'ai pensé à toi hier, je suis restée scotchée 20 min devant le rayon bouquins d'un supermarché. Bilan au total : 3 bouquins en plus sur la PaL ;)

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    1. Ah ma pauvre, comme je compatis... Nous sommes de faibles esprits, que veux-tu, la tentation est trop forte et la lectrice en nous trop facilement séduite !

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    2. Hu hu ^^ On va dire ça, n'est-ce pas ? ;-)

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  3. Très bel article qui m'a bien fait sourire ^^

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    1. Merci à toi, tes compliments font chaud au coeur !

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  4. Caro Bleue Violette9 décembre 2013 à 16:44

    Purée, tu m’as fait rire, je crois que nous autres les book addicts on est tous pareils ! J’ai une PAL monstrueuse mais je ne peux m’empêcher de continuer à acheter (même si cette année, je suis contente de moi parce que j’ai réussi à faire diminuer un peu ma PAL au lieu de l’augmenter ^^), et le coup de « my precious » je l’ai fait un tas de fois, faisant effectivement peur au passage à quelques clients – j’ai une nette tendance à couiner ou à sautiller sur place (voire à sautiller sur place en couinant – combo de la mort :P) quand je trouve le livre que je cherche, comme si je n’étais pas sûre de le dénicher alors que je sais parfaitement dès le départ que la librairie va l’avoir...j’ai renoncé à chercher à comprendre cette réaction totalement irrationnelle !

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    1. Hahaha, ça me rassure de voir que nous formons une communauté soudée dans ses bizarreries ! Tu m'as bien fait rigoler avec ta combo de la mort, héhé, moi c'est plutôt petit cri perçant et applaudissements (oui, ça craint vraiment). Je pense que tout lecteur est par définition irrationnel puisqu'il aime s'évader (ouuuh, si c'est pas poétique ça !)... Enfin, c'est une jolie façon d'expliquer notre folie. :)

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  5. Ahah, entre celle de Bilbon et celle de Snape nous enjoignant de nous contrôler, mon cœur balance ! Excellent billet et j'adore cette nouvelle rubrique =)

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    1. Merci ma petite Sia, je suis ravie que ça te plaise ! :D Je dois avouer que j'adore ces deux-là et puis c'est tellement drôle de prendre Snape à contre-emploi. ❤

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  6. OHMY j'aime passionnément cet article, c'est où qu'il faut signer pour demander ta main ? Haha, sérieusement les achats compulsifs de bouquins alors que ta PAL te nargue c'est.. C'est plus fort que nous ma gueule.
    Puis quand t'as trouvé LE bouquin toute seule sans que le libraire te vienne en aide - déjà tu te sens trop puissante, limite, vive la danse de la joie quoi - parce que tu connais les étagères mieux que lui c'est aussi un signe de dépendance dangereux, faut se faire interner mais on nous laisse barboter en liberté dans nos fantasmes de fangirl parce qu'on est folles mais gentilles quand même haha ;).

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    1. Que... Quoi ? Moi ? *Tremblote d'émotion* OUI ! Je le veux ! C'est le plus beau jour de ma viiiie !
      Mouhahahah, tu m'as bien fait rire ! (Je sens qu'on va bien s'entendre, ma chère Melody :D)
      C'est tellement grisant quand tu connais ta librairie par coeur ! Il m'arrive même de renseigner des clients, perso, et là, je me sens plus, c'est la folie. Ahhh, on est cinglées, c'est certain, mais on est heureuses comme ça !

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