dimanche 24 novembre 2013

Potion macabre, Cassandra O'Donnell met du poison dans son vin

Témoin d'un cambriolage dans l'immeuble d'en face, Rebecca Kean se lance à la poursuite d'un muteur criminel. Mais alors que celui-ci lui file entre les doigts, l'Assayim est confrontée à un problème de plus grande envergure lorsqu'elle découvre dans l'appartement une cachette secrète qui recèle de potions hautement dangereuses et interdites depuis plusieurs siècles. Une situation d'autant plus délicate que la propriétaire des lieux semble avoir disparu. Le flair de Rebecca la mène tout droit à l'école des potioneuses de Maurane, mais les choses sont toujours plus compliquées qu'elles ne le paraissent, et l'Assayim va se retrouver au coeur d'une sale et obscure histoire de vendetta.

Dans cette troisième aventure, Rebecca Kean se retrouve à jongler avec des bombes et certaines ne pourront s'empêcher de lui exploser au visage. La moindre étincelle peut donc s'avérer fatale. Et tant mieux, car cela oblige l'héroïne à ôter son blouson de dure à cuire et à délaisser le rôle de « psychotic bitch » qu'elle incarnait jusqu'ici. Cette enquête va réévaluer sa toute-puissance et lui faire commettre des erreurs qui resteront sur sa conscience, entachant son humanité naissante.
En effet, Rebecca patauge dans les relents de cette sombre affaire de potions interdites et sent son ascendance diminuer, d'autant plus que Raphael est contraint de quitter momentanément son territoire, ayant été sommé par le Mortefilis, et lui délègue de nouvelles responsabilités en lui remettant les rênes de son domaine durant son absence. J'ai d'ailleurs ressenti une certaine déception à ne pas voir davantage Rapahel au fil des chapitres, et son personnage ainsi que ses répliques souvent mordantes laissent un vide dans le récit. Heureusement, le personnage d'Hector, le majordome flegmatique de Raphael et mon petit chouchou, égaye les venues de Rebecca avec quelques paroles pince-sans-rire mémorables. O'Donnell fait en effet la part belle à certains personnages secondaires qui prennent leur envol dans ce troisième opus, notamment Gordon, l'Alpha de la meute qui, rongé par le mal des vieux loups, est encore plus attendrissant et se montre très paternel avec Rebecca. En outre, le personnage de Leonora, qui me laissait indifférente, gagne en profondeur dès le chapitre d'ouverture où le lecteur la découvre dans une posture d'extrême faiblesse, après qu'elle a sauvagement attaqué l'une de ses camarades de classe. La petite se complexifie, en proie aux changements de l'adolescence et à des pouvoirs qu'elle peine de plus en plus à maîtriser. Hélas, le livre s'ouvre sur une promesse qui n'est pas tenue dans le reste du roman, et j'aurais aimé que Leonora jouisse d'un plus grand rôle dans cette histoire, car elle brille davantage par son absence, à l'instar de Raphael et de Bruce, qui se font tous les trois trop rares.
Par ailleurs, on regrettera une intrigue qui mêle ses différents fils narratifs avec moins d'habileté que précédemment. Le deuxième tome s'achevait sur la menace que représentait Mark et l'influence qu'il possédait sur l'héroïne, mais ce problème déboule ici de manière totalement inattendue et est résolu de façon assez maladroite, sans aucun lien avec le reste de l'histoire. Toutefois, l'auteure compense cette faiblesse par des ajouts intéressants à son univers, notamment au sujet du clan des potioneuses et de leur histoire, qui étaient jusqu'alors un peu délaissées. Je me suis plongée dans le quotidien de leur école avec curiosité, en ayant la sensation de trouver un vague écho à l'atmosphère de La Chambre des Secrets, de par la menace qui plane sur l'école et la directrice qui craint qu'elle ne soit devenue trop dangereuse pour les élèves. Enfin, Cassandra O'Donnell achève son roman sur une note pleine d'angoisse et de tension, un cliffhanger bien mené qui invite à poursuivre l'aventure.

A cause d'une histoire parfois un peu bancale et des personnages trop peu présents, Cassandra O'Donnell livre avec Potion macabre un troisième volume légèrement en-dessous des deux précédents, mais qui promet néanmoins une lecture agréable et divertissante.

Potion macabre (Rebecca Kean, tome 3), Cassandra O'Donnell, J'ai lu/Darklight, 478 pages.

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