vendredi 15 novembre 2013

Jaz Parks mord à crédit, Jennifer Rardin dans le rouge

L'équipe bizarroïde de Jaz met le cap direction l'Iran, mais pas question de faire du tourisme, le devoir les appelle. Branchée sur la même mission que son frère Dave, Jaz doit traquer le Magicien, un maniaque fêlé et nécromancien avec ça. Mais dès leur arrivée, une armée de Pillards enragés leur tombe dessus. Et les ennuis ne font que commencer... Car pour couronner le tout, une taupe s'est infiltrée dans l'équipe de Dave et il va falloir la débusquer avant qu'elle ne fasse capoter le plan. Le tout, sans se faire tuer entre-temps, bien sûr.

Sans voix, je suis restée à la fin de ce troisième volet des aventures de Jaz Parks. Les mots me manquent, non pas pour décrire l'absolue beauté de ce livre comme cela peut arriver devant un chef-d'oeuvre, mais hélas pour rendre compte de l'ennui et de la consternation qui furent miens pendant cette lecture. Lecture, que dis-je, cette torture ! J'ai même hésité à rédiger cette chronique, car je me suis retrouvée devant le syndrome de la page vierge : que vais-je bien pouvoir dire ? Difficile de chroniquer un livre qui nous est tombé des mains — littéralement, car le sommeil a eu raison de ma lecture à un moment donné — mais puisque je l'ai déjà fait pour les deux premiers tomes, je relève le défi.

Mes attentes n'étaient pas bien hautes, mais ce troisième opus creuse encore plus bas. Dès le deuxième chapitre, où Jaz est envoyée en Enfer pendant son sommeil et rencontre une sorte de diable bizarre dont je n'ai saisi ni le rôle ni la relation, Jennifer Rardin m'a perdue. Le reste de l'ouvrage — quelque 440 pages, tout de même — fut donc une lutte épique pour garder mon intérêt et mon cerveau allumés, ce que j'ai plus ou moins réussi avec brio puisque l'histoire commence déjà à me paraître vague et lointaine. Après, j'ignore ce qui m'a le plus déplu : le manque effarant de crédibilité de l'histoire, la psychologie de comptoir des personnages ou bien le fait que Vayl soit trop galant pour enfin passer à l'acte avec Jaz. Leur relation s'enlise en effet, et malgré un petit baiser volé et quelques belles paroles auxquelles on ne croit guère, l'auteur nous prive de toute satisfaction. Le récit dévoilait pourtant quelques éléments prometteurs, comme la possibilité pour Vayl de retrouver ses fils, mais cet élan se trouve vite avorté et le vampire se laisse mener par le bout du nez par la rousse. Trop facilement, d'ailleurs, et l'on se demande comment ce vampire si raffiné peut être attiré par cette vulgaire et caractérielle de Jaz. L'ensemble manque d'authenticité et de crédibilité, et tourne vite en rond. Même les personnages secondaires perdent de leur saveur, Cole devient sérieusement lourdingue, Cassandra agace par sa fragilité, et le seul que j'arrivais encore à supporter à la fin était Bergman, touchant par sa timidité et son désir de s'affirmer. Et sans des personnages qui tiennent la route, l'intrigue déraille forcément. L'univers et la mythologie de Jaz Parks m'échappent totalement, en particulier les créatures qui semblent rafistolées avec de la pâte à modeler et le système de dimensions parallèles qui ne m'a pas convaincue. Les fils du récit partent dans tous les sens, et aboutissent à la fin à une tresse maladroite. D'autant plus que Rardin s'enfonce une nouvelle fois dans les clichés pro-Américains. Après la méchante Chine, le démoniaque Moyen-Orient devient l'ennemi à abattre ! Comme c'est fin et original... Rien qui puisse me réconcilier avec le roman d'espionnage qui accumule ici les clichés. En outre, nous n'avons toujours pas eu la chance d'apercevoir le fameux Rapace, et à ce rythme, j'ai comme l'impression que le big bad boss ne fera son entrée qu'au volume final. Hélas, je n'ai plus de patience. Finalement, la seule chose que j'ai appréciée fut la couverture, très jolie grâce au relooking réussi de la série. Mais les apparences sont parfois trompeuses...

Décidément, cette série aura été un échec cuisant, car depuis le premier tome, je suis en total désamour avec Jaz et je n'ai jamais pu m'accrocher à cette héroïne. Je nourrissais le faible espoir que la série s'améliorerait au fil des volumes, mais au contraire, elle va de mal en pis et il est temps pour moi de lui faire mes adieux à la hâte.

Jaz Parks mord à crédit (Jaz Parks tome 3), Jennifer Rardin, Milady, 440 pages.

3 commentaires:

  1. Ma pauvre, t'as même l'air toute tristoune sur la photo ! Blaguàpart, difficile de chroniquer un bouquin auquel on n'a absolument pas accroché, je trouve que tu t'en sors bien. Tu as quoi de beau sur ta PaL ensuite, pour te remettre de cet échec ? :)
    P.S: tiens, je ne sais pas si tu en avais entendu parler, mais j'ai lu "Vampires" le guide paru aux Moutons Electriques d'E. Campos et R.D. Nolane, si tu veux encore lire ce type d'ouvrages, je te le conseille, lecture très intéressante ;)

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    1. C'est vrai que finalement, les critiques ont coulé à travers mes doigts. :D Dans ces prochains jours, je vais essayer de finir au plus vite les trois derniers romans de bit-lit pour mon mémoire, pour être en phase avec la rédaction, puis je passerai à autre chose, avec plus de littérature générale, du polar, etc., histoire de varier les plaisirs !
      Tiens, je prévois en effet de lire "Vampires" des Moutons Electriques pour mon mémoire, je suis contente qu'il t'ait plu, ça m'encourage davantage !

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  2. Ah au fait, je t'ai tagguée :http://cindyvanwilder.wordpress.com/2013/11/18/mademoiselle-un-commentaire/ :)

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