samedi 30 novembre 2013

Dewey, Vicki Myron : un ronronnement immortalisé


C'est par une froide matinée de janvier que la directrice de la bibliothèque de Spencer, Vicki Myron, fait une découverte inattendue. Alors qu'elle entend de faibles bruits en provenance de la boîte aux livres, Vicki y trouve un petit chaton, sale et frigorifié, blotti entre les ouvrages. Les deux se regardent, et le coup de foudre opère. Ainsi commence la longue vie de Dewey comme mascotte de la bibliothèque, et qui deviendra par la suite une véritable icône de la ville de Spencer.

Ce récit n'est pas seulement l'histoire d'un chat nommé d'après le système de classification éponyme, c'est aussi l'histoire d'une ville et d'une époque, celle du sud des Etats-Unis des années 1990, paralysé par la crise agricole et des dollars qui se font rares. Un contexte morose qui plombe Spencer, petite ville d'un autre temps, loin de l'industrie de masse et autres machines infernales des temps modernes. Une ville qui s'accroche à ses principes et à ses valeurs, mais que la crise et le chômage n'épargnent guère. Et l'arrivée de Dewey redonne incontestablement le sourire et l'espoir aux habitants. Le taux de fréquentation de la bibliothèque explose, les usagers demandent inlassablement : « Comment va Dewey aujourd'hui ? », passent leur temps à jouer avec le félin et à l'attirer sur leurs genoux douillets. Il faut dire que le chat est peu commun. C'est un amoureux des humains, un vrai philanthrope qui ne fait pas de distinction : il se donne à tous et noue avec chacun une relation spéciale, réconfortant les solitaires et faisant le bonheur des enfants. L'une des plus touchantes est sûrement celle qu'il entretien avec Crystal, une petite fille handicapée qui revient à la vie grâce à son affection. C'est un chat généreux qui fait du bien aux gens, comprend leurs attentes et les rapproche, comme Vicki avec sa fille et de nombreux autres parents et enfants. Petit à petit, le chat de bibliothèque devient une véritable star et fait la renommée de la petite ville de l'Iowa. Quelques articles paraissent d'abord dans la presse locale, puis ce sont les médias nationaux qui s'emparent du phénomène, relayé par la suite à l'international. Tandis que Spencer gagne en notoriété, des gens des quatre coins des Etats-Unis font des heures de voiture pour voir le célèbre chat. Quels que soient leur âge et leur nationalité, Dewey touche les gens.

Dewey et Vicki Myron prennent la pose

Comment ne pas fondre devant cette boule de poils au regard taquin et son histoire hors du commun ? A moins d'avoir un coeur de pierre — ou une aversion contre les chats et dans ce cas, malheur à vous —, on ne peut que tomber amoureux de ce félin profondément gentil et affectueux, grand amateur d'herbe à chat et d'élastiques à mâchouiller, aimant faire la sieste dans des cartons et se promener sur les chariots à livres. Grâce à l'aide de Bret Witter, Vicki Myron livre un très beau récit, truffé d'anecdotes relatant les frasques et les petites manies de Dewey, dont on ne se lasse jamais tant elles sont attendrissantes. Chapitre après chapitre, on prend conscience à quel point la présence de Dewey métamorphose la bibliothèque et la ville, rendant la vie des citoyens plus facile et légère. C'est encore plus frappant en ce qui concerne Vicki, à qui la vie a réservé bien des malheurs. Néanmoins, le livre n'est pas exempt de longueurs, notamment lorsque Vicki Myron, en fière habitante de sa petite bourgade typiquement américaine, met un point d'honneur à en décrire l'histoire et l'atmosphère, ce qui n'est pas toujours d'un intérêt exceptionnel. On s'éprend toutefois instantanément de ce chat au charisme indéniable, rendu si vivant par ce livre à quatre mains qu'on a l'impression de le connaître et de pouvoir caresser sa fourrure soyeuse du bout des doigts. Je n'avais pas été aussi émue par un texte depuis un long moment, à tel point que je n'ai pu retenir mes larmes à la fin. L'histoire de Dewey est unique, extraordinaire et belle à s'en fendre le coeur, et lorsque l'on referme le livre, un affreux vide nous tenaille.


Le souvenir de Dewey continuera longtemps à briller dans le coeur des lecteurs grâce à ce récit poignant. Sans oublier ses collègues de par le monde : ce récit fait en effet écho à une histoire plus récente, celle de James Bowen, jeune sans-abri anglais qui a retrouvé goût à la vie grâce à un chat, Bob, également roux. A croire que les chats roux portent bonheur ! Et la bonne nouvelle, c'est que les éditions Jean-Claude Gawsewitch ont récemment traduit son ouvrage. La magie féline continue donc avec Un chat des rues nommé Bob.

Dewey, Vicki Myron (avec la collaboration de Bret Witter), Jean-Claude Gawsewitch, 346 pages.

6 commentaires:

  1. Wah, joli compte rendu la Miss! Ca donne envie (en même temps je sens que je vais devoir prévoir la boîte de kleenex à côté de moi, vu que je suis super sensible quand il s'agit d'animaux). Bien vu pour l'ajout de la vidéo, il a l'air adorable ce chat <3

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    1. Il est tellement mignon, oui ! Et en plus d'être beau, il a l'air d'une gentillesse incroyable. Ahhh, je veux le même...
      Je suis sûre que tu adorerais en tout cas, mais il faut effectivement avoir le coeur accroché. Car même une fois le livre fermé, j'ai continué à chialer... C'est vraiment une très belle histoire et c'est génial de pouvoir le voir vivant grâce aux vidéos : on a l'impression qu'un petit bout de lui est encore là et c'est réconfortant. :)

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  2. Caro Bleue Violette5 décembre 2013 à 21:04

    Dewey est dans ma liste à lire depuis des lustres ! Mais comme Cindy, je suis encore plus sensible quand il s'agit d'animaux (particulièrement des chats que j'adore) que ce sont des humains, et comme je sais que la fin est triste, je ne me suis pas encore décidée à le lire !

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    1. Je te comprends, je suis également très sensible vis-à-vis des animaux et des chats, et j'ai donc mis du temps à le sortir de ma bibliothèque car je ne savais pas si j'avais le coeur assez bien accroché... Je pense que c'est de toute façon un texte qui nous touche, qu'on soit préparé ou pas, mais il vaut vraiment le détour ! J'espère que ça te motivera !

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  3. J'ai ce roman sur mes étagères depuis longtemps, il faut vraiment que je le lise, je n'en ai lu que du bien ! Je crois que je vais me le garder pour la fin d'année.
    (par contre, j'ai noté : prévoir les mouchoirs !)

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    1. Bonsoir Roanne et merci d'être passée par ici !
      En effet, c'est un livre à découvrir, et je trouve que la fin d'année s'y prête parfaitement : c'est à lire au chaud sous une couverture (et une boule de fourrure sur les genoux si possible). J'espère qu'il te plaira !

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