lundi 30 septembre 2013

Le best-seller : jetable mais non-recyclable ?

Fifty Shades... ou le best-seller qui ne voulait pas mourir. (Photo Kenzo Tribouillard)
Il y a peu, deux articles, l'un de l'Express, l'autre du Figaro, traitaient le même sujet, à savoir, la frénésie qui anime les lecteurs du Royaume-Uni à propos de Cinquante nuances de Grey, dont le succès n'est plus à faire. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, cet engouement n'est pas lié à l'envolée des ventes de ce best-seller mais à une tendance générale à l'abandon des très nombreux exemplaires papiers vendus — quelques 5,3 millions, rien que ça. Ces deux articles ont donc tout spécialement attiré mon attention sur un nouveau phénomène qui souligne les métamorphoses et menaces qui pèsent sur l'objet livre : la mode du livre jetable et vite consommé, mais difficilement recyclable. De la junk littérature, en quelque sorte, souvent achetée en supermarché ou sur Amazon afin de ne pas subir l'oeillade sévère de son libraire, garant de la vraie littérature. Des livres dont on est peu fiers de se faire le lecteur et dont on souhaite vite se débarrasser une fois notre honteuse besogne accomplie...


Alors qu'au départ, le livre a été conçu pour faire perdurer le savoir et le conserver des assauts du temps, le voilà aujourd'hui victime de la société de consommation, transformé en un produit éphémère, voire jetable. Ce phénomène, plutôt récent et qui se reproduit de plus en plus fréquemment de nos jours, concerne avant tout les best-sellers et les gros succès commerciaux nourris de battages médiatiques incessants, avec moult affiches publicitaires et bandeaux vantant leurs ventes faramineuses (du type : « Déjà plus de 2 millions de lecteurs ! »). Mais comme le prouvent Fifty Shades ou encore Twilight, ces succès d'un jour (enfin, un peu plus si l'on en croit les listes des meilleures ventes) ne sont pas destinés à durer dans le temps. Le schéma de ces livres se révèle en effet très souvent identique ; ils prennent soudain un essor considérable lors d'un gros boom, souvent lié à un buzz médiatique ou au caractère licencieux/polémique de l'ouvrage, explosent à un moment donné, survivent quelques instants (parce qu'il y a toujours des retardataires qui sont un peu à la traîne, comme moi), puis retombent comme un soufflé pour disparaître ensuite presque totalement de la circulation. Et une fois l'engouement général passé, on n'a qu'une envie : se débarrasser de ce bouquin encombrant et qui fait tache dans notre bibliothèque. C'est ce qui se passe actuellement en Angleterre, comme le relatent ces articles, où les lecteurs vendent ou donnent en masse la trilogie d'E. L. James, au point que l'offre excède la demande. Car le succès de la série n'est plus à son apogée et amorce son irrémédiable déclin. Les livres sont voués à l'abandon, ne pouvant trouver acquéreur. Des millions de copies sont ainsi produites et vendues, jusqu'à ce que l'intérêt du public s'essouffle et que l'on ne sache plus que faire de ce trop plein d'exemplaires.

Transformer l'Encyclopaedia Britannica
en balai ?  Bookdust l'a fait.
Tout d'abord, je suis un peu abasourdie par ce genre de phénomène de masse, car l'on parle bien ici de millions d'exemplaires, ce qui n'est franchement pas rien. Ces tendances se propagent en effet à une vitesse folle, quand on observe l'engouement de départ et les ventes astronomiques de ces livres, puis cette course à l'abandon, comme si la vie de ces gens en dépendait. Pour tout avouer, ça m'effraie un peu ; tout se passe trop vite, et si un livre peut être le must d'un jour, il peut aussi être celui à abattre le suivant. Et le voilà remplacé par un autre, qui suivra à peu près le même destin. Pour quelles raisons ? Mauvaises critiques, bouche-à-oreille ou simple imitation collective ?
C'est en tout cas bien triste, car cette attitude dévalorise l'objet du livre, uniquement perçu comme un bien de consommation comme les autres, jetable, périssable, sans intérêt. Et quand je lis que ces gens sont prêts à tout pour jeter au loin ces bouquins, y compris à les « remettre à leur place » — dans les toilettes —, les aider à se « suicider » du haut d'un pont ou même à s'en servir pour alimenter leur cheminée (quand ce n'est pas pour les abandonner lâchement dans une chambre d'hôtel, ni vu ni connu), je me dis que quelque chose ne tourne vraiment pas rond. Comment en arrive-t-on là ? Qu'est-ce qui nous pousse à vouloir nous débarrasser d'un bouquin comme de la peste ? Et que font ces gens s'ils ne parviennent pas à les revendre ou à les donner ? Vont-ils jusqu'à les jeter d'une main indifférente dans la poubelle, au milieu des restes alimentaires ? Hélas oui. Je ne suis pas une fanatique illuminée qui défend envers et contre tout la sacralisation du livre, mais cela me choque d'imaginer que des gens puissent balancer des livres à la benne sans même une once de culpabilité, alors que tant d'autres aimeraient pouvoir en posséder un et n'en ont pas seulement les moyens. Je crois que non, le livre n'est pas un bien de consommation comme les autres et il mérite un peu plus de considération et de respect. Certes, Fifty Shades n'est peut-être pas de la grande littérature et n'a sûrement rien à voir avec Proust, mais cela nous donne-t-il le droit de le dévaloriser de la sorte ?

Une benne pleine de livres de la bibliothèque de Rennes (Photo Ouest-France)
C'est ce qu'il s'est par exemple passé à Rennes en 2009, détaillé dans un article de Ouest-France, où la bibliothèque municipale s'est débarrassée de très nombreux livres, jugés désuets ou en fin de vie, et destinés à être incinérés. La nouvelle s'est vite répandue dans la ville et a fait scandale, de nombreux habitants ayant récupéré des ouvrages en très bon état. La photographie parle d'elle-même, et personnellement, me choque.
Alors, quand on n'en veut plus, on jette ? L'article de l'Express précise en outre qu'un livre ne peut être recyclé comme un autre objet, à cause de la colle qui en assure le brochage. Il vaudrait donc mieux y réfléchir à deux fois avant d'en balancer à la benne.

Je trouve donc cette réaction extrême et quelque peu alarmante, dans une société où l'on cherche le profit à tout prix, cette volonté de se débarrasser d'un livre, y compris gratuitement, me paraît trop urgente et démesurée. Néanmoins, il est vrai que les garder dans le seul but de les conserver ne rimerait à rien non plus, car ces livres deviendraient une sorte de « capital mort » dans nos bibliothèques. Si l'on ne parvient pas à s'en défaire, ils stagnent sur les étagères, ne seront jamais relus et sont condamnés à prendre la poussière. La question est épineuse, vous l'aurez compris, car si ces best-sellers d'un jour font un bien fou à la santé financière du marché du livre (et je leur tire personnellement mon chapeau), ils deviennent à leur déclin un véritable poids mort, qui gêne plus qu'autre chose.
Mais la question est : ces gens veulent-ils s'en débarrasser parce qu'ils n'ont pas aimé le livre ou bien ont-il honte de le ranger dans leur bibliothèque, visible aux yeux de tous ? L'un de mes professeurs nous a confié que la trilogie d'E. L. James avait eu un énorme succès en format numérique. Pourquoi ? Parce que la liseuse ou la tablette permet l'anonymat, n'exhibant aucune couverture, c'est pourquoi les lecteurs étaient plus à l'aise sur support numérique. Alors, si l'on sait pertinemment que l'on ne gardera pas ce livre, pourquoi l'acheter au lieu de l'emprunter à la bibliothèque ? Oser demander à un proche de nous le prêter ? Est-ce par timidité, par peur du jugement de l'autre ? Parce qu'il est plus simple de l'acheter au supermarché entre son paquet de pâtes et son papier toilette et que le caissier n'y prêtera pas attention ? Pour ma part, je n'aime pas garder un livre que je n'ai pas aimé dans ma bibliothèque, tout d'abord parce que, quand on est une acheteuse de livres compulsive comme moi, ça prend une place folle, et ensuite, parce que je sais que je ne le relirai pas à l'avenir. Je préfère donc essayer de le revendre ou le donner pour que quelqu'un d'autre puisse en profiter, et si je ne trouve aucun repreneur, je le stocke dans un carton, en attendant que l'heureux élu se manifeste. J'ai vu plusieurs fois des cartons remplis de livres laissés par des gens (qui n'en voulaient plus ou déménageaient par exemple) dans la rue ou dans des cages d'escalier, et en général, ceux-ci étaient vides à la fin de la journée.
Par ailleurs, je trouve que le marché de l'occasion est une bénédiction, premièrement car je suis une étudiante sans le sou, mais surtout parce que ça donne une nouvelle chance aux livres (bien que le prix de rachat des revendeurs est souvent indigne et relève plus de l'arnaque, mais c'est un autre sujet...). Et quand un livre ne trouve pas acquéreur dans ce marché, comme c'est ici le cas, c'est qu'il y a un problème de taille. Je me rappelle avoir vu plusieurs mois après la sortie d'Une place à prendre de J. K. Rowling, une montagne d'exemplaires d'occasion chez Gibert Joseph, et au fil de mes visites, cette pile ne diminuait pas d'un pouce. Le boom médiatique était alors retombé et plus personne ne s'y intéressait, les critiques ayant en plus fustigé l'ouvrage. Si Une place à prendre n'a pas été à la hauteur des espérances de vente de Grasset, Fifty Shades a lui été un véritable succès. Et maintenant ? Que va-t-il se passer pour ces livres ? Est-ce qu'une fois sortis en poche, ils retrouveront un semblant de vie ? Ou bien sont-ils déjà condamnés à l'oubli ? Seul le temps nous le dira, mais l'avenir s'annonce plus orageux qu'ensoleillé. Et c'est dans ces cas-là que le numérique paraît une solution intelligente et équitable : l'éditeur profite des ventes faramineuses du début, comme pour le papier, et une fois lu, le livre peut-être supprimé du support, sans perte matérielle (avec certes une perte financière pour l'acheteur, qui est de toute façon aussi présente dans le cas du don gratuit du livre comme c'est le cas au Royaume-Uni). Le lecteur l'a lu, peut garder cela secret, puis peut s'en débarrasser de façon honnête. Car pensons à tous les exemplaires qui seront pilonnés dans peu de temps, tout ce papier broyé. De quoi faire pâlir...

Ainsi, le numérique se révèle aussi pratique que judicieux. Et si l'on refuse de « trahir » le livre papier, on peut toujours transformer ses livres en oeuvres d'art, comme le propose le livre ci-contre Détourner les pages. Un bon moyen de recycler les livres invendables et de leur donner une nouvelle vie, pour qu'enfin, ils aient une utilité. Personnellement, je craque pour ces hérissons de papier, que vous pouvez apprendre à faire chez Nathecréative. On peut même glisser des photos ou des lettres entre les pages ! Bien sûr, c'est selon l'éthique de chacun, et personnellement, je ne pourrais pas infliger cela à un livre, puisque ça me fait déjà mal de voir quelqu'un rabattre la couverture derrière la quatrième. Mais il y a d'excellentes idées, alors pourquoi ne pas se laisser tenter ?

Une bonne façon de recycler ses livres ? En faire de l'art ! (Photo Nathecréative)

Pour finir, j'aimerais avoir votre avis et votre expérience sur le sujet ; que faites-vous des livres que vous n'avez pas aimés ? Préférez-vous les donner ou les revendre ? Ou bien utilisez-vous des méthodes plus radicales ? La parole est à vous !

14 commentaires:

  1. Et c'est dans ces cas-là que le numérique paraît une solution intelligente et équitable : l'éditeur profite des ventes faramineuses du début, comme pour le papier, et une fois lu, le livre peut-être supprimé du support, sans perte matérielle (avec certes une perte financière pour l'acheteur, qui est de toute façon aussi présente dans le cas du don gratuit du livre comme c'est le cas au Royaume-Uni). Le lecteur l'a lu, peut garder cela secret, puis peut s'en débarrasser de façon honnête. Car pensons à tous les exemplaires qui seront pilonnés dans peu de temps, tout ce papier broyé. De quoi faire pâlir...

    >>> Mais qu'est-ce que je suis d'accord avec toi ! (Comment, ça ne t'étonne pas ?) Blaguàpart, c'est clair que ca a de quoi faire pâlir les amoureux des livres que de voir ces exemplaires papier (je ne suis pas particulièrement écolo mais rien que de penser aux arbres abattus pour ça... Non franchement!) partir au pilon ! Et oui dans ce cas, le numérique est une très belle solution. Perso, je suis comme toi (again!) : je ne garde pas les livres que je n'ai pas aimés dans ma biblio. Manque de place et je sais que je ne les relirai pas. J'ai tenté de les donner à la biblio de mon village et je me suis vue répondre "ah mais nous avons déjà une salle entière de livres de seconde main, on n'en prend plus!" ce qui m'a passablement étonné d'ailleurs... Et ce sans jeter un seul coup d'oeil aux titres. Depuis, c'est simple: je les abandonne dans le train. Je me dis que si ca intéresse qqun, pourquoi pas ? Ca reprend le principe du livre voyageur et je trouve ça chouette. J'ai aussi entendu parler via une amie d'opérations pour faire profiter de ces bouquins, qui, autrement, partent au pilon, des classes d'écoliers au Maghreb ou au Proche-Orient. Faudrait que je me renseigne là-dessus!
    Un dernier mot là-dessus: j'avais lu aussi l'article sur le groupe FB "comment se débarasser de son exemplaire de 50 Shades". Sorry, mais.... les gens ont vraiment de l'énergie pour animer un truc pareil ? Si tu n'en veux plus, tu ne peux pas l'abandonner quelque part ou essayer de le donner à qqun ? Des trucs ainsi, ca me dépasse!
    (Encore un excellent article by the way!)
    (Rien à voir, mais j'ai vu que tu lisais l'encyclo des vampires ;-) C'est bien ? )
    (Et oui, je suis curieuse. Là, j'arrête les parenthèses)

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    1. Ahhh, tu me fais rire ! Alors, hop je remonte mes manches pour répondre à ton petit pavé (le contraire m'aurait déçue, de toute façon, héhé). :)

      Tiens, c'est dommage pour ta bibliothèque, en effet, car ça pourrait faire des heureux ! Après, c'est peut-être une histoire juridico-légale, car il me semble (mais je n'en suis vraiment pas sûre) que certaines bibliothèques n'ont pas le droit de recevoir des dons, ils sont obligés de passer par l'achat. C'est ce qu'une bibliothécaire m'avait dit une fois, mais peut-être était-ce un cas à part.
      Du coup, je trouve que c'est une très bonne idée d'abandonner les livres dans le train, je suis sûre qu'ils trouvent acquéreur (il suffit de voir comment les gens se jettent sur les gratuits quand on en laisse un derrière soi). C'est vachement bien aussi si on peut faire des dons pour des pays comme l'Afrique, je vais me renseigner aussi car je n'y avais jamais pensé !
      Et je suis on ne peut plus d'accord pour la page Facebook sur Fifty Shades, je trouve ça aberrant que des gens soient prêts à se regrouper pour discuter des meilleurs moyens de tuer un livre... Ça m'échappe totalement.

      Merciii en tout cas pour ta petite tartine toujours super intéressante ! Et pour La Fascination des vampires de Marigny, oui, c'est pas mal, mais je dirais que ça reste en surface, comparé à d'autres bouquins que j'ai lus, mais c'est une bonne introduction qui recouvre beaucoup de thèmes du vampirisme. Et c'est court, donc ça se lit d'une traite ! :)

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    2. Hu hu Je n'avais pas lu ta réponse jusqu'ici :) Bon, je note pour le bouquin de Marigny (et comme toujours, hâte de lire ton avis dessus ) (oui, je radote) :-)

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  2. Comme toi, je préfère les vendre, ou les donner. Sinon, j'aime bien l'idée du livre voyageur, abandonné dans un lieu public dans sa petite housse de protection avec un petit mot (encore jamais testé, mais ça me turlupine).
    Je réagis en revanche sur l'incident de la benne de livres à Rennes : c'est la loi qui est comme ça. Une bibliothèque qui désherbe ses rayons (i.e. fait du tri) est tenue de recycler ou d'incinérer les documents. Mais ça évolue peu à peu : il y a des braderies qui se mettent en place dans certains établissements !
    Mais je ne peux pas m'empêcher de me demander si les gens ne s'empressent pas de se débarrasser de ces livres parce qu'on leur serine à longueur de temps que c'est de la daube.

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    1. J'aime beaucoup aussi l'idée du livre voyageur, on revanche j'ignorais qu'on pouvait mettre un petit mot, je n'avais jamais vu ça ! C'est franchement chouette, et ça crée un lien entre les lecteurs, tout en permettant au livre d'avoir une histoire à lui. C'est un concept vraiment original et sympathique.
      Ne t'en fais pas pour la bibliothèque de Rennes, j'avais bien compris (et c'est bien expliqué dans l'article, d'ailleurs), mais ça n'empêche que je trouve la loi inadaptée. La preuve, s'ils avaient pu organiser une petite vente, ils auraient récolté un petit pactole ! C'est dommage de ne pas offrir cette possibilité aux bibliothèques, mais croisons les doigts pour que ça continue sur cette voie !

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  3. Les best-sellers, il y en a que j'ai aimé (Harry Potter ♥, Twilight -en livres seulement-, par exemple). Et pour les livres que je n'ai pas aimé (50 nuances ><) eh ben sois je les troque ou je les garde. En fait, j'ai du mal à me séparer des livres que j'ai, même ceux qui sont bof ou mauvais. J'aime les bibliothèques remplies, haha !

    Sinon j'ai vu que tu es en île de France, tu peux participer à mon concours si tu le souhaites :) En plus je te compte en tant qu'habituée, hihi.

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    1. Rien de plus beau qu'une bibliothèque bien garnie, je te l'accorde ! :) Hélas, la place vient vite à manquer quand on vit dans un espace plutôt restreint, du coup, je désherbe régulièrement, sinon je suis obligée d'entasser mes livres en piles sur le sol... Ce qui n'est pas le plus pratique !

      Je participerai certainement à ton concours, en effet, c'est très mignon de m'y encourager (et de me considérer comme une habituée, héhéhéééé) ! :)

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  4. Voilà pourquoi j'ai pris Fifty Shades en e-book, parce que j'étais pratiquement certaine que ça n'allait pas me plaire (et j'avais raison - en revanche, si j'avais aimé j'aurais probablement acheté la version papier, comme je fais souvent avec les e-books coup de coeur) et comme toi, j'ai du mal à conserver un livre que je n'ai vraiment pas aimé dans ma bibli (surtout que je commence à avoir des soucis de place).

    Pourtant je l'ai fait pendant très longtemps, étant incapable de me débarrasser du moindre livre. Puis il y a quelques années, j'ai quitté le nid parental, me suis installée dans mon premier appart qui n'était pas immense...et là j'ai dû me résoudre à faire du tri dans mes bibliothèques. Au début, ça m'arrachait le cœur mais je m'y suis habituée :) Je les donne dans mon entourage, je les vends chez un bouquiniste ou sur Price Minister, j'ai aussi un peu pratiqué le troc entre blogolectrices, et j'en ai aussi parfois porté à Emmaüs. Cependant il y a des livres dont personne ne veut et que je garde dans un carton, en attendant de savoir quoi en faire - notamment les livres en anglais qui sont pratiquement impossible à vendre en France :) Pour le recyclage, on ne peut effectivement pas recycler la reliure mais on peut en couper les pages, c'est long mais c'est ok pour le recyclage. Je ne l'ai encore jamais fait mais je vais peut-être m'y résoudre pour les livres dont je ne sais pas vraiment pas quoi faire...ça ne m'enchante pas mais c'est comme ça et au moins, peut-être fera-t-on d'autres livres avec ?

    Pour en revenir au phénomène d'abandon de Fifty, ça ne doit pas être génial l'auteur, n'empêche...Ok, plusieurs dizaines de millions de gens l'ont acheté et lu, mais tous ces lecteurs qui refusent de le garde dans leur bibliothèque, pas glop pour l'ego, hein !

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    1. Hello Caro et merci pour ton avis qui est très intéressant.

      La solution du numérique se confirme donc, comme quoi il n'est pas que diabolique, au contraire ! Il semble le parfait compromis pour ce genre de livre qu'on ingère pour recracher aussitôt sans forcément le digérer (bon la métaphore n'est pas très appétissante, je l'avoue mais je n'ai pas mieux sous le coude).
      J'étais comme toi également il y a quelques années : impossible de m'arracher à un seul de mes livres, je culpabilisais de l'abandonner. Bon, depuis, j'en ai amassé pas mal et j'ai récemment quitté le cocon familial également pour un appartement modeste et là, c'est très compliqué niveau place... J'ai tenté PriceMinister aussi pendant un temps mais je vendais plus à perte qu'autre chose, les prix étant très bas et les frais de port réels trop coûteux. Je trouve le troc entre blogolectrices très sympathique en revanche, il faudrait peut-être que je m'y intéresse — comme Emmaüs, j'ignorais qu'ils prenaient des bouquins, donc je le garde en tête. Dans tous les cas, tu es pleine de ressources !

      Enfin, j'espère pour E. L. James qu'elle n'est pas au courant de la page Facebook et compagnie, même si c'est très peu probable avec les réseaux sociaux, mais ce ne doit pas être facile pour elle, en effet. D'un côté, elle a les millions de livres (sterling) pour se consoler maintenant, mais peut-être aurait-elle préféré la reconnaissance du public, qui sait...

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  5. Eh oui, je crois que la place est le souci n°1 des gros lecteurs ! Après on viendra encore me demander pourquoi je fantasme sur la bibliothèque du manoir dans La Belle et la Bête...moralité, les filles, trouvons-nous une Bête, looool.

    Pour le numérique, étant une fana du livre-objet, je n'étais pas du tout convaincue...jusqu'à ce qu'on m'offre une liseuse pour mon anniv l'année dernière, et maintenant je trouve ça super pratique. Cela dit, je ne lis pas énormément dessus, et ça ne remplacera jamais le papier pour moi - sans parler du fait que si j'ai un coup de coeur pour un e-book, j'achète la version papier (faut vraiment que je me trouve une Bête ^^) !

    Price Minister n'est effectivement pas l'idéal mais bon comme je rachète des livres avec ce qu'il y a sur mon porte-monnaie, je vois ça comme une sorte de recyclage :) Et même avec les frais de port, je le vends un peu plus que chez ma bouquiniste qui me les reprend vraiment pour une misère !

    Emmaüs accepte les dons de livres oui, enfin chez moi ils l'ont toujours fait.
    Et pour James, oui, elle peut se consoler en nageant dans les livres sterling, à la Picsou :D N'empêche que Fifty Shades aura été un phénomène jusqu'au bout : tout le monde voulait le lire et maintenant tout le monde veut s'en débarrasser !

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    1. Ahhh, la bibliothèque du château de la Belle et la Bête a toujours été mon rêve également, c'est drôle ! :) Il faut dire qu'elle fait fantasmer, cela dit, mieux vaut adopter un classement irréprochable si on veut retrouver une référence après, héhé.

      Je note pour ta conversion (partielle) au numérique, car je suis très attachée au livre papier aussi, mais la liseuse apparaît de plus en plus comme une nécessité, donc ton avis m'encourage !

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  6. Je crois que beaucoup de lectrices fantasment sur la bibliothèque de la Bête ;)

    Et pour la liseuse, je pense vraiment qu'elle n'est pas incompatible avec l'amour du livre-papier - et c'est une fille qui quelques semaines avant d'avoir sa liseuse disait encore "moi vivante le numérique ne passera pas par moi !" qui dit ça ^^ ! Parce que oui c'est ultra-pratique pour bien des situations, mais que ça ne pourra jamais remplacer le livre-papier si on est à la base attaché à ce dernier...J'ai d'ailleurs remarqué que les gens qui sont passés au tout numérique ou presque sont souvent des gens qui ne conservaient de toute façon pas leurs livres-papier une fois lus.

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  7. Personnellement, j'ai trouvé abjecte la façon dont a pu être descendue la saga Fifty Shade (et même Twilight). Il y a une sorte d'irrespect pour l'auteur, pour les lecteurs (des milliers !!) qui me déroute. Qu'on débatte sur la cause de l'engouement pour cette série, pas de problème, mais qu'on tombe dans le dénigrement, là ça me gêne. J'ai lu la moitié du tome 1 (avant qu'il devienne célèbre) en anglais sur ebook, que j'avais plutôt bien apprécié, puis je me suis lassée et donc j'ai abandonné. Mais j'aimerai m'y replonger, cette fois ci sur papier : je vais faire un tour sur les sites d'occaz afin de redonner une seconde vie à ces livres ! ^^
    Concernant les bennes de livres... que dire... ça me fait mal au coeur. Apparemment nous n'avons pas tous la même sensibilité vis à vis des livres !

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    1. Oui, il y a un acharnement des "anti" qui semble totalement démesuré... J'ai envie de dire : ce ne sont "que" des livres, pas la peine de vouloir les exterminer à tout prix sous prétexte que c'est commercial et qu'on n'a pas aimé, ils ne sont pas nocifs. Si on devait dézinguer tous les bouquins que l'on n'a pas appréciés, ça en ferait des autodafés ! Et je trouve aussi que c'est particulièrement insultant envers l'auteur, qui a eu quand même le mérite de vendre autant d'exemplaires. Personnellement, je respecte ces auteurs, même si je n'apprécie pas leurs oeuvres, car ils font marcher à fond le marché du livre, et le succès ne se fait pas tout seul : il faut des lecteurs derrière. Alors c'est vraiment de l'hypocrisie et du lynchage juste pour le plaisir, ce qui me donne la nausée...
      Serrons-nous les coudes entre lecteurs sensibles ! :) Et pour le coup, tu vas avoir plus que le choix pour trouver Fifty Shades d'occasion !

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