mercredi 18 septembre 2013

Jaz Parks s'en mord les doigts, Jennifer Rardin

C'est une blague ou quoi ? Jaz Parks, agent de la CIA, est une solitaire, une pure et dure. Se traîner un boulet pendant ses missions, très peu pour elle. Sauf que son boss en a décidé autrement, et là voilà forcée de faire équipe avec Vayl, un vampire diablement efficace aussi séduisant que mystérieux et qui a sollicité son aide. Reste à savoir pourquoi... Peut-elle seulement décliner l'offre ? Rechignant sur son nouveau poste d'assistante, Jasmine n'a pas d'autre choix que d'accepter la nouvelle donne, à contre-coeur. Cependant, alors que les mois défilent et que les missions s'achèvent avec succès, il s'avère que leur étrange duo fonctionne plutôt pas mal. A merveille, en fait. Mais Jaz ignore toujours pourquoi le mystérieux vampire l'a choisie, elle, comme coéquipière. C'est alors qu'une affaire plus que douteuse leur tombe entre les mains. Un célèbre chirurgien, soi-disant altruiste et oeuvrant pour des organisations caritatives, serait mêlé à des terroristes qui menaceraient de répandre un virus mortel. S'engage alors une course contre la montre pour nos deux agents de la CIA et une enquête à haut risque qui ne les laissera pas indemnes.

Être agent de la CIA n'est pas de tout repos, et Jaz Parks le démontre bien. La jeune femme à la chevelure flamboyante joue en effet sa vie à chaque mission, et finit souvent par broyer ses voitures de fonction ou par se faire prendre en embuscade par des hommes de main dans sa chambre d'hôtel. Mêlant habilement bit-lit et récit d'espionnage, Jennifer Rardin livre avec ce premier tome une aventure pleine d'action et de rebondissements, et qui se laisse lire avec plaisir, malgré quelques lourdeurs narratives et diégétiques.

Jasmine Parks a du mal à y croire. Son patron la met en binôme avec le vampire Vayl, l'un des meilleurs agents de la CIA et tueur particulièrement redoutable. Mais le plus étonnant, c'est que c'est Vayl qui en a fait la requête. Pourquoi elle ? Jaz n'en sait foutrement rien mais elle accepte, puisqu'elle n'a pas vraiment le choix. Et à la surprise générale, le duo fonctionne en parfaite osmose. Ensemble, les deux agents sillonnent l'Amérique et accomplissent leurs missions avec brio. Une alchimie indéniable, professionnelle mais pas que, naît lentement entre eux et tout se passe comme sur des roulettes jusqu'à leur nouvelle mission. Cette fois, ils traquent un chirurgien qui, sous couvert d'aider des enfants défigurés, récolte des dons pour une action terroriste. Leur boulot consiste donc à liquider le méchant bonhomme mais, comme le sait Jaz, les choses ne se déroulent jamais comme prévu. Et en effet, elles se compliquent, le chirurgien étant lié au vampire le plus puissant et véreux des Etats-Unis, nommé le Rapace. Il n'est que l'ennemi numéro 1 de la CIA, et comme si ce n'était pas suffisant, le danger de l'expansion d'un virus mortel plane sur le pays. Un virus qui ferait des ravages incommensurables. Là, ça chauffe pour Jaz et Vayl.

L'intrigue est ainsi plaisante à lire, pleine de rebondissements en tous genres et de fausses pistes que le lecteur suit aveuglément — ou en tout cas, dans lesquelles la piètre détective privée que je suis tombe les yeux fermés ! Au départ, je n'avais guère trop confiance dans la potion vampire-CIA, mais son résultat est plutôt satisfaisant — un peu déroutant aux premiers abords, mais l'on s'y fait. Contrairement à Anita Blake, Jaz a moins de scrupules à bosser main dans la main avec un vampire, pourtant, elle a déjà tué nombre de ses congénères. Un paradoxe étrange, et dont je n'ai toujours pas percé le mystère. Il faut dire que l'agent n'est pas ordinaire ; Jaz a un don, elle est une Sensitive, c'est-à-dire qu'elle « sent » les vampires, ou du moins, elle détecte leur présence. C'est une sorte de radar fort pratique, donc, et Jaz, en bonne héroïne de bit-lit, est une dure à cuire. Elle manie les armes comme un homme, gère on ne peut mieux le combat rapproché, et sait surtout se tirer de situations très périlleuses. Néanmoins, elle n'est pas surhumaine pour autant, et comme Anita, elle a ses faiblesses. Jaz cache une grande part d'humanité, mais brisée. Dès les premiers chapitres, le lecteur pressent que quelque chose cloche chez Jaz ; ses black-outs ne sont pas très normaux, et un traumatisme, bien que profondément enfoui et sagement refoulé, continue de la ronger de l'intérieur. C'est avec beaucoup d'intérêt et de peine que j'ai appris à me glisser sous la peau de l'héroïne et son douloureux passé, qui lui colle aux basques et la rend d'autant plus courageuse et admirable. Mais avant tout, ce que j'ai aimé chez Jaz, c'est son humour et son sens de la répartie. Les dialogues fusent, les répliques claquent, et ses sorties sont souvent hilarantes. La plume de Jennifer Rardin ponctue ainsi son récit de touches pimentées qui rehaussent agréablement la narration. Car Jaz n'a pas peur de dire ce qu'elle pense ou de poser les mauvaises questions. Elle met les deux pieds dans le plat, sans se soucier des éclaboussures. Et cela débouche souvent sur des situations et des dialogues plus que cocasses. Une certaine fraîcheur caractérise ainsi le personnage, fraîcheur dont est dénué Vayl, moins travaillé que l'héroïne, plus stéréotypé et qui m'a donc moins touchée. Cela dit, leur relation est tendre et attachante, et précisons-le, rarement niaise. L'on sent que le lien qui les unit et qui se renforce au fil du texte est profond, puissant. Et qu'il réserve bien des surprises pour la suite.

Un premier tome divertissant et qui annonce donc une série pleine d'action et de mystère. A suivre !

Jaz Parks s'en mord les doigts ( Jaz Parks, tome 1), Jennifer Rardin, Milady, 442 pages.

5 commentaires:

  1. "il s'avère que leur étrange duo fonctionne plutôt mal." Il me semble qu'il manque un "pas" dans ta phrase ;)
    Chouette chronique en tout cas! Je ne l'ai jamais lu, mais du coup, tu m'en donnes envie (je ne sais pas pourquoi, mais Jaz me fait penser à Kate Daniels, mon héroïne préférée de fantasy urbaine) Bon, un de plus dans mes tablettes *ignore la liste croissante de recommendations de lecture* Hum.
    Tiens, je vois que tu es en train de lire "Bit-lit" de Sophie Dabat, je suis curieuse de connaître ton avis dessus :)

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    1. Ah oops, en effet ! Merci, je vais modifier de ce pas (quelle tête en l'air...) ! :)
      Vi, j'ai bien aimé Jaz Parks, mais en lisant d'autres titres après (dont les chroniques viendront sous peu), c'est un peu en-dessous, finalement... Mais c'est divertissant et on passe un bon moment ! Je n'ai pas lu Kate Daniels, en revanche, car je ne l'ai pas encore trouvé d'occasion, donc je ne peux pas faire de comparaison. Mais d'après les critiques que j'ai lues, Kate Daniels me semble plus sombre, tandis que Jaz Parks est assez léger dans le ton.
      Pour Bit-lit de Sophie Dabat, c'est juste la BIBLE. La chronique arrive bientôt aussi. :)

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  2. ah je ne vais pas pouvoir comparer les deux, mais disons que Kate Daniels est empli d'humour noir, voire d'une pointe de cynisme (enfin perso,j'adore!) (comment ? ah tu le savais déjà ?) C'est aussi ce qui m'attire dans la saga de Seanan McGuire, relatant les aventures d'October "Toby" Daye (les deux premiers tomes ont été traduits en VF,je crois). Ce sont toutes les deux des jeunes femmes solitaires,qui au fil des tomes évoluent et se découvrent une famille (et pas juste un "love interest" D'ailleurs il y a un dénouement de situation assez intéressant en ce sens dans la saga de McGuire. Mais les univers ne sont pas du tout les mêmes en revanche: Chez Daniels, c'est un monde post-apo oùla réapparition de la magie a causé des bouleversements sociaux et économiques, alors que dans la saga de McGuire, cela se passe dans notre monde, où les cours féeriques vivent en parallèle.
    Oui, je vais m'arrêter là, sinon je pourrais en parler pendant des heures :D
    Bonne lecture de la Bible en tout cas :)

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    1. Ahhh oui, j'ai entendu parler d'October Daye et ça m'intéresse aussi, sauf que je n'arrive pas à mettre la main dessus en VF... Il va falloir que j'aille creuser ça alors parce que ça a l'air d'être une petite bombe. Kate Daniels me dit bien aussi vu tous les échos positifs que j'en ai, mais étant donné que la série va peut-être être arrêtée, j'ai peur d'être frustrée.
      Héhéhé, je vois bien ton enthousiasme en effet mais tu peux en parler autant que tu veux, ne t'en fais pas ! :D J'adore comparer les goûts des lectrices pour voir quelles séries fonctionnent bien de pair en comparaison avec d'autres trop différentes, c'est très intéressant à observer (et ça me permet de mieux m'y retrouver moi-même !).

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  3. Effectivement, sa traduction en VF a été arrêtée. Et pour la série d'October Daye, je pense que seuls les deux premiers tomes ont été traduits (mais à vérifier, je n'en suis pas sûre.) ah c'est clair que s'aventurer dans la fantasy urbaine s'apparente parfois à poser le pied dans un véritable labyrinthe :)

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