samedi 31 août 2013

Fascination, Stephenie Meyer




Isabella Swan n'a pas franchement le sourire aux lèvres. Pour faire plaisir à sa mère, elle se voit contrainte de quitter l'Arizona et son climat ensoleillé pour emménager chez son père, dans la petite bourgade de Forks située dans l'état de Washington. Là-bas, ce n'est pas la joie, les nuages obstruent incessamment le ciel (quand ils ne déversent pas leur pluie torrentielle), le paysage est trop vert et le lycée horriblement petit. Comme elle le redoute, Bella devient la curiosité de ses nouveaux camarades, et sa maladresse naturelle ne fait rien pour l'aider. Et pourtant, son charme fait tourner la tête à plusieurs garçons ; l'attrait de la nouveauté, sans doute, car la jeune fille est persuadée d'être d'une banalité affligeante. En revanche, un jeune homme attire tout particulièrement son attention. Etrangement pâle et gracieux, il capte de suite son regard tandis que lui semble éprouver une révulsion viscérale à son égard. Puis après leur rencontre, il disparaît subitement, pour revenir une semaine plus tard et comme si de rien n'était entreprend de faire la connaissance de Bella, plus intriguée que jamais.

Twilight, ah, Twilight... Comme ce simple titre a engendré disputes, engouements et polémiques ! Longuement, j'ai hésité avant de poster cette chronique, car les avis ont plus vite proliféré sur la toile que les pages se sont tournées. Mais, si beaucoup de choses ont été dites, je pense qu'il serait malhonnête de ma part de fuir l'exercice — raison que j'expliquerai en partie dans un prochain article à venir sous peu.

Ainsi, je me suis attaquée à une patate chaude, l'oeuvre ô combien adulée et critiquée de madame Meyer. Je n'avais jamais lu la série, non pas par répulsion hermétique, mais plutôt par manque de temps, car je dois l'avouer, le succès de ces livres m'a toujours fortement intriguée, comme tout bon succès commercial. Cela faisait donc un moment que j'avais envie de découvrir pourquoi et de m'y frotter moi-même. Pour voir un peu de quoi il en était. Puis, j'ai décidé de réaliser un mémoire sur la bit-lit, et j'ai enfin vu l'occasion de m'y mettre. Même si, comme Dracula et Entretien avec un vampire, Twilight ne peut être qualifié de bit-lit, il me semblait indispensable de m'imprégner de ces trois oeuvres majeures de la littérature de vampire (j'entends déjà les cris effarouchés des défenseurs du genre mais calmez-vous et lisez la suite), chacune dans leur style bien à elle. Car l'on peut critiquer autant que l'on veut cette série, elle a indéniablement redynamisé et donné un coup de jeune à la littérature de vampire. Il suffit de voir combien ont pullulé les romans similaires après sa sortie. Enfin, assez palabré, rentrons dans le vif du sujet.

C'est l'histoire d'une ado, mignonne mais dénuée de toute confiance en elle, qui s'installe dans une ville paumée du nord-ouest des States, un patelin qu'elle déteste et où il pleut tout le temps. Bien sûr, elle craint de ne pas s'intégrer et découvre le peu d'attrait que lui offre son nouveau quotidien. Mais les choses changent lorsqu'elle rencontre le fameux Edward (j'entends toujours des cris hystériques et hormonaux quand je lis ce nom, c'est fort curieux). Il est différent, terriblement séduisant mais aussi diablement mystérieux. Et Bella ne tarde pas à découvrir le pourquoi du comment ; c'est un vampire. Bon, l'histoire, on la connaît tous. Passons aux impressions.
J'ai entamé ce livre avec une certaine réticence. J'évolue dans un milieu disons un peu « culturel » (ça sonne de façon horriblement prétentieuse mais je ne trouve pas d'autre terme), ayant fréquenté un IUT Métiers du livre, puis une licence Humanités, mon cercle de proches est donc composé de fervents lecteurs qui s'avèrent assez sélectifs en la matière. Par conséquent, j'ai toujours entendu beaucoup plus de mal de la série que de bien, et je partais avec un avant-goût négatif. Pourtant, à mon grand étonnement, la première moitié du roman s'est laissée lire toute seule. Je m'attendais à ce que ce soit long et pataud, mais j'étais devant un bon petit roman pour ados sans prétention. Une narration plaisante, des aventures pas sensationnelles mais qui se laissent découvrir avec un certain plaisir. Le personnage de Bella — que je redoutais — m'a semblé moins horripilant que l'image que je m'en étais faite (blâmons le visage si souriant de miss Stewart), peut-être parce qu'à son arrivée à Forks, la demoiselle est un peu amorphe. De plus, la traduction était bonne et servait bien le texte. Mais le problème est survenu à la moitié du roman, ou peut-être un peu plus, à partir de l'évènement déclencheur de la partie de baseball vampirique. Bella avait déjà commencé à me taper sur les nerfs, mais dès lors, mon irritation s'est transformée en réel énervement. Une fois tombée dans les bras du parfait Edward, sa niaiserie m'a laissée pantoise, et la perfection du beau vampire littéralement incrédule. Pour une fois, j'étais bien d'accord avec Bella : que peut-il bien lui trouver ? Je n'ai donc guère été convaincue par les personnages, qui se sont hélas révélés à la hauteur (ou devrais-je dire la bassesse ?) de mes espérances. Malheureusement, le fil narratif pâtit également de la tournure des évènements, que j'ai trouvée peu plausible, très brouillonne et franchement ennuyeuse.
Mon élan positif a donc vite déchanté, et j'en ai ressenti une amère déception. J'aurais aimé prendre plaisir à lire ce livre et à le défendre (peut-être par pur goût de la provocation), mais c'est un échec. Je suis restée imperméable aux émotions et préoccupations des protagonistes, ainsi que leurs constantes hésitations plutôt horripilantes (« Je ne sais pas si je peux t'embrasser. Ah en fait si. Mais en fait non, je suis trop dangereux et tu devrais t'éloigner de moi. Oh et puis viens par ici que je te pelote. Mais rappelle-toi, je suis dangereux ! » et ainsi de suite). Néanmoins, je suis satisfaite d'avoir fait cette expérience livresque car dorénavant, je peux parler en connaissance de cause et débattre sur le sujet (car quoi de plus horripilant que quelqu'un qui critique sans avoir lu ?). Après un début plein d'espoir, c'est donc avec regret que j'ai fermé ce livre, hélas décidée à ne pas poursuivre l'aventure avec le deuxième tome.

Fascination (Twilight, tome 1), Stephenie Meyer, Le Livre de poche, 544 pages.

7 commentaires:

  1. Hélas, ma petite Flora, je crois que tu as déjà passé l'âge de te laisser séduire par S. Meyer. J'avais bien aimé ce premier tome mais j'avais 16 ans et j'étais fleur bleue...Le 4ème tome, que j'ai lu à l'été de mes 17 ans m'avait déjà trouvée moins niaise, et donc moins prompte à m'enthousiasmer....

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    1. Tu as raison, Emily, l'âge et la maturité — on dirait une vieille sage qui parle, héhé — n'ont certainement pas joué en ma faveur pour ce livre. Ou bien je n'ai pas su retrouver mon âme d'adolescente en quête d'amour éternel... Dans tous les cas, c'est une déception et vu ton expérience, je suis plus que convaincue de ne pas tenter le reste de l'aventure.

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  2. J'ai lu les deux premiers tomes il y a belles lurettes, et avant le battage média.
    Attirée par la couverture, puis par le résumé qui avait l'air "sympa".
    Bon le premier... Passe encore. Si on est patient avec la neuneu-attitude. Mais le second.... Brrrrrr je n'en puis plus!!! :-) je l'ai fini, mais j'ai mis le holà!
    Faut frapper Bella! :-)
    Et sinon, je trouve ča pas mal de le mettre en relation avec les deux autres (plutot des monuments du genre). Ça permet d'analyser l'évolution etc.
    Puis bon, ce n'est pas destiné à exactement le même public. Donc why not.
    Et comme tu disais, twilight a quand même relancé la littérature de vampire, notamment chez les ados!

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    1. Merci pour tous tes commentaires, Valériane, ils me font chaud au coeur ! :)

      Pfiou, tu me convaincs de ne pas m'approcher du deuxième tome, héhé ! Déjà que j'ai eu du mal à terminer le premier, je pense que c'est plus sage ainsi. En tout cas, je te suis à fond pour donner une paire de claques à cette insupportable Bella, quelle enquiquineuse, bon sang !

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    2. :-) Avec plaisir.
      J'ai été tentée de lire le 3 (ma collègue est fan et les a; je ne grèverai pas mon budget livre pour elle ;-) )
      Juste pour savoir... quoique, quand t'as vu les lancements des films, au final, tu connais l'histoire.
      Je crois qu'il y a plein d'autres choses à lire pour s'attarder dessus...
      (Idem pour le Fifty shade... j'ai commencé 50 pages, ça m'a soulé... tiens donc, c'est écrit par une fan de Mme Meyer... ;-))

      Bien souvent, on est tentée de lire des choses "dont tout le monde parle", mais il faut encore que ça en vaille la peine.

      Enfin là, dans le cadre de ton travail, c'est peut-être utile.

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    3. Oui, j'avais aussi pensé à regarder les films pour gagner du temps, mais bon, ce n'était pas sérieux. :) Je suis d'accord sur le fait qu'il y a tellement de choses à lire que ce n'est pas la peine de s'accrocher si on n'adhère pas, mieux vaut passer à autre chose ! Tiens, je ne savais pas pour EL James, comme c'est curieux, héhé !
      Enfin, ça me semblait un peu indispensable de tâter le terrain Twilight pour mon mémoire, et l'air de rien, ça m'a donné pas mal d'idées, donc je n'ai pas gâché mon temps ! :)

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    4. C'est pas faux... regarder n'est as lire... (enfin c'est pas le même auteur).
      Pour James, j'avais lu ça quelque part.
      En fait, son bouquin est une Fan-fiction basée sur twilight. Les persos à la base s'appelaient Bella et Edward...

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